Depuis le jeudi 29 août, le territoire de Djugu, en Ituri, est une nouvelle fois marqué par les violences des miliciens du groupe armé CODECO. Deux paroisses catholiques, celles de Kpandroma et de Jiba, ont été scellées par ces assaillants, plongeant les fidèles dans l’inquiétude. Selon des informations recueillies par Radio Okapi, ces actions sont survenues en représailles aux propos tenus par Monseigneur Dieudonné Uringi, évêque du diocèse de Bunia, lors d’une homélie la semaine précédente.
Les événements de Kpandroma ont commencé par une attaque de la chapelle locale. Sur place, deux séminaristes en stage ont été pris pour cible par les miliciens. Bien que parvenant à échapper à la capture, ils ont perdu leurs téléphones portables, confisqués par les assaillants. Avant de quitter les lieux, ces derniers ont pris soin de sceller l’église à l’aide d’un cadenas, empêchant ainsi tout accès au lieu de culte.
À Jiba, une autre localité située à plusieurs kilomètres, la situation n’était guère différente. Les miliciens ont érigé des barricades à l’entrée de la paroisse catholique, et en l’absence des prêtres en mission, ils ont enlevé deux personnes, accentuant encore la tension dans la région.
L’évêque de Bunia, dans son homélie prononcée à la paroisse de Jiba, avait dénoncé avec force l’impact néfaste des groupes armés sur le développement du territoire de Djugu. Il avait notamment appelé ces groupes à laisser la place à la paix et au développement, tout en respectant les serviteurs de Dieu.
Ces incidents illustrent une fois de plus la situation dramatique dans laquelle se trouve le territoire de Djugu, où les civils continuent de subir les conséquences des exactions des groupes armés. Le climat d’insécurité persistant pose un défi majeur pour les autorités locales et les acteurs humanitaires, dans un contexte où la population aspire à retrouver une vie normale.
M.MATUVOVANGA

