L’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) a récemment entamé une campagne de sensibilisation en faveur de la révision de la Constitution en République Démocratique du Congo (RDC). L’initiative, présentée par Augustin Kabuya, secrétaire général du parti, s’inscrit dans la continuité d’un engagement pris par le parti au pouvoir et vise à « imprégner aux militants le bien-fondé de cette démarche ». Dans une circulaire adressée aux structures fédérales de l’UDPS, Kabuya a souligné l’importance d’expliquer cette réforme à la base du parti pour en garantir l’adhésion.
« Nous vous invitons à mobiliser et à conscientiser nos militants sur la nécessité d’adapter la Constitution aux réalités actuelles de notre pays », a affirmé Augustin Kabuya. Il a rappelé que cette révision n’est pas une nouvelle lubie, mais plutôt une promesse héritée de feu Étienne Tshisekedi, le père fondateur de l’UDPS. « Une fois l’UDPS au pouvoir, nous devons respecter et exécuter ce testament laissé par le Dr Etienne Tshisekedi », a insisté Kabuya, en référence aux propos tenus par le défunt opposant historique, qui estimait que la Constitution actuelle comportait des lacunes à corriger.
Cependant, cette initiative de révision constitutionnelle, portée par l’UDPS en fin de mandat présidentiel, suscite des réactions contrastées au sein de la classe politique congolaise. Certains y voient une tentative de redéfinir les règles du jeu en vue des prochaines échéances électorales. Le cadre de concertation des forces politiques et sociales a rapidement dénoncé cette démarche, y voyant une manœuvre du pouvoir pour contourner certaines limites constitutionnelles. « Ce n’est pas le moment de réviser la Constitution, mais de produire des résultats concrets en faveur du peuple », a réagi Olivier Kamitatu, conseiller spécial de l’opposant Moïse Katumbi.
Pour l’opposition, l’article 220 de la Constitution est clair : les principes fondamentaux de l’État tels que la forme républicaine, le suffrage universel, et la durée des mandats présidentiels sont intangibles. Toute tentative de révision dans ce sens serait perçue comme un coup porté à la démocratie congolaise. Malgré les critiques, l’UDPS persiste et signe, soulignant que la révision n’a pas pour but de remettre en question ces piliers, mais de « corriger les imperfections » identifiées au fil des années.
Cette divergence d’opinion risque d’alimenter davantage le débat politique à quelques mois des élections générales. En effet, l’opposition redoute que cette campagne de révision ne soit qu’un subterfuge pour offrir au président Félix Tshisekedi une possibilité de prolongation de son mandat. Face à ces accusations, l’UDPS se défend en rappelant que la révision de la Constitution est un exercice démocratique prévu par la loi fondamentale elle-même, et qu’il ne s’agit en aucun cas d’une tentative de s’éterniser au pouvoir.
La question de la révision de la Constitution devient donc un sujet brûlant qui pourrait cristalliser les tensions politiques dans les semaines à venir. Tandis que le parti au pouvoir tente de rallier ses partisans autour de ce projet, l’opposition, quant à elle, se mobilise pour en faire un enjeu majeur de campagne. Le bras de fer s’annonce intense et déterminera sans doute le climat politique en RDC d’ici à la fin de l’année.
Peter MOYI

