New York, le 9 décembre 2024 – Au siège des Nations unies, Bintou Keita, Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU en RDC, a renouvelé l’engagement ferme de l’organisation pour soutenir la paix dans un pays meurtri par des conflits persistants. Lors de la présentation du rapport de la MONUSCO devant le Conseil de sécurité, elle a salué la diplomatie angolaise, tout en appelant à des actions concertées pour surmonter les obstacles à la stabilisation de l’est de la RDC.
« Les Nations unies restent pleinement engagées pour accompagner le processus de paix », a-t-elle déclaré, évoquant la rencontre prévue le 15 décembre à Luanda entre les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame comme une opportunité de rapprocher les positions divergentes.
Ce rendez-vous diplomatique s’inscrit dans un contexte tendu, où les avancées obtenues grâce au processus de Luanda côtoient une réalité sur le terrain marquée par des violences endémiques. La signature d’accords pour renforcer le Mécanisme de vérification ad hoc, ainsi que la mise en place de stratégies communes pour neutraliser les groupes armés, illustrent la volonté d’apporter des solutions concrètes.
Cependant, les défis restent immenses. Le M23, soutenu par des puissances extérieures, continue de défier les accords internationaux en consolidant son emprise territoriale au Nord-Kivu. Ce groupe armé occupe désormais des zones stratégiques s’étendant bien au-delà de ses positions de 2012, compliquant davantage les efforts de stabilisation.
En Ituri, un autre foyer de tension, les populations civiles subissent les assauts répétés des rebelles ADF, responsables de massacres récents. Malgré une diminution des attaques attribuées à d’autres groupes armés tels que CODECO, la situation demeure fragile, et la protection des civils reste une priorité pressante.
Sur le terrain, la MONUSCO joue un rôle central, notamment en assurant la sécurité de près de 100 000 déplacés regroupés autour de ses bases dans les provinces de l’est. Ces efforts sont néanmoins entravés par des contraintes opérationnelles qui limitent la capacité d’intervention de la mission. Bintou Keita a lancé un appel aux parties prenantes pour permettre une plus grande mobilité des troupes onusiennes, un élément qu’elle juge indispensable pour renforcer l’efficacité des opérations.
Au-delà des défis militaires et sécuritaires, Bintou Keita insiste sur l’importance du dialogue et de la participation communautaire. La MONUSCO s’efforce d’impliquer davantage les femmes et les jeunes dans les initiatives de paix, soulignant que la stabilisation ne peut être durable sans une adhésion inclusive des populations locales.
L’intervention de la Représentante spéciale reflète une réalité complexe : la paix en RDC ne dépend pas uniquement des engagements internationaux, mais également de la coopération des acteurs locaux et régionaux. La rencontre de Luanda pourrait ouvrir la voie à une dynamique renouvelée, mais des actions concrètes et soutenues seront nécessaires pour transformer les intentions en résultats tangibles.
LA RÉDACTION

