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Goma : l’insécurité force les écoles à fermer leurs portes face aux affrontements entre FARDC et M23

Les affrontements entre les forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et le groupe rebelle M23 plongent la région de Goma dans une situation de tension croissante. Ce conflit ne se limite pas aux pertes humaines ou aux déplacements de populations. Il s’insinue également dans des aspects essentiels de la vie quotidienne, comme l’éducation, où les écoles peinent à maintenir leurs activités face à l’insécurité.

Dans la matinée du jeudi 23 janvier, plusieurs établissements scolaires de Goma ont décidé de suspendre leurs cours, renvoyant précipitamment les élèves chez eux. Une mesure jugée nécessaire par les responsables scolaires face à l’intensité des combats et aux échos des explosions en provenance de Seke, à environ 25 kilomètres. À l’école privée « Un jour nouveau », située dans le quartier Katindo, cette décision a été appliquée dès l’arrivée des élèves. Emma Bampata Wimana, une élève de cinquième primaire, raconte :
« Nous étions venus comme d’habitude pour étudier. Mais le maître nous a gardés dans la salle sans enseigner, puis à 9 heures, il nous a demandé de rentrer parce qu’on entendait les bruits des balles à Seke. Cet arrêt brutal des cours me rend triste. »

Cette interruption soudaine illustre le climat de peur qui s’installe dans les écoles de la région, où enseignants et élèves doivent s’adapter à une réalité marquée par la violence. Les établissements s’efforcent de maintenir une communication avec les familles via des canaux numériques, comme les groupes WhatsApp, pour informer des évolutions et d’une éventuelle reprise des cours. Mais l’incertitude reste omniprésente.

Depuis le 19 janvier, les combats se sont intensifiés, avec une série d’attaques attribuées au M23, soutenu par des éléments extérieurs. La localité de Seke a été particulièrement touchée, des bombardements ayant été signalés près des zones habitées. Ces actes, qui visent à saper le contrôle de l’armée congolaise, laissent des traces profondes sur les populations locales.

Au-delà de l’impact direct sur les civils, ces violences mettent en lumière la fragilité des infrastructures essentielles. L’éducation, déjà mise à mal par les défis structurels du pays, devient un domaine difficile à préserver. Les écoles, censées être des lieux de refuge et d’apprentissage, se transforment en espaces où l’incertitude et l’insécurité dictent les décisions.

Pour de nombreux habitants de Goma, l’angoisse s’intensifie à mesure que les jours passent. Les explosions, les mouvements de troupes et les informations contradictoires sur la progression des combats créent un climat où il devient difficile de se projeter dans un futur stable. Pourtant, au cœur de cette instabilité, certains espèrent encore que des solutions durables pourront être trouvées pour ramener une forme de normalité. L’éducation, en particulier, reste un pilier que les communautés locales souhaitent préserver, malgré tous les obstacles.

— M. MATUVOVANGA

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