À Kinshasa, le samedi 24 janvier, plusieurs partis politiques de la coalition LAMUKA, dont l’Ecidé et Addcongo, ont défilé sur le boulevard Lumumba pour exprimer leur mécontentement face à ce qu’ils qualifient de violations répétées des droits humains. La manifestation visait spécifiquement la détention mystérieuse de plusieurs figures politiques de l’opposition, enlevées il y a un mois par des forces de sécurité et dont on ignore toujours la localisation. Un climat d’incertitude qui fait planer une lourde ombre sur la liberté d’expression et la démocratie dans le pays.
Lors de la marche, Prince Epenge, porte-parole de LAMUKA, a dénoncé ce qu’il a qualifié de répression systématique, pointant du doigt les « arrestations illégales, intimidations et menaces de mort » visant ses collègues politiques. Il a déclaré : « Il est impératif que ces pratiques cessent immédiatement. Le régime de Tshisekedi doit respecter les droits humains, conformément à la Constitution du pays« . Un appel fermement adressé au gouvernement, dont l’attitude face à ces abus soulève des questions croissantes sur la volonté réelle des autorités d’assurer le respect des libertés fondamentales.
La coalition LAMUKA ne se limite pas à critiquer ces actions policières. Elle s’attaque également à la gestion de la crise sécuritaire dans l’est du pays, soulignant que la situation dans des villes comme Minova et Goma ne fait qu’aggraver l’insécurité des Congolais. Le porte-parole de LAMUKA a ainsi affirmé : « L’incapacité du président Tshisekedi à résoudre cette crise met en lumière sa déconnexion avec les réalités du terrain et son inaction face aux souffrances des Congolais.«
Loin de se contenter de l’analyse de la crise sécuritaire, la coalition exprime également son opposition frontale à toute tentative de modification de la Constitution qui permettrait au président Tshisekedi de briguer un troisième mandat. « Nous demandons de manière claire et sans ambiguïté que le président se retire de tout projet visant à modifier la Constitution. Son silence à ce sujet est inquiétant« , a ajouté Prince Epenge. Cette position se veut une défense de l’ordre constitutionnel et une mise en garde contre tout excès de pouvoir.
Ce genre de manifestations devient un terrain d’affrontement récurrent entre opposition et pouvoir en place. À chaque mobilisation, c’est l’unité du pays et la gestion démocratique de ses institutions qui sont en jeu, dans un contexte où les tensions semblent se multiplier.
— M. KOSI

