La Union européenne a interrompu ses consultations sur la défense avec le Rwanda et entamé une révision du protocole relatif aux matières premières stratégiques, décision motivée par la situation préoccupante en République démocratique du Congo. Cette démarche traduit une volonté de recentrer la politique européenne en vue d’un respect strict des principes de souveraineté, alors que l’évolution sur le terrain soulève de vives inquiétudes. Au terme d’un Conseil des Affaires étrangères, Kaja Kallas, vice-présidente de la Commission européenne et Haute représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, a affirmé : « La situation est très grave et nous sommes au bord d’un conflit régional. L’intégrité territoriale n’est pas négociable, que ce soit en RDC ou ailleurs.«
Ce repositionnement intervient après l’adoption, le 13 février, d’une résolution par le Parlement européen invitant à revoir la coopération avec Kigali. Parmi les mesures proposées figuraient la suspension de l’accord encadrant les chaînes de valeur des matières premières durables, l’arrêt de l’aide budgétaire directe ainsi que celle de l’assistance militaire, tant que le Rwanda maintiendrait sa présence dans l’est du pays. Ces orientations visent à empêcher que les ressources de l’Union ne soient utilisées, directement ou indirectement, dans des opérations susceptibles d’alimenter les tensions régionales.
Par ailleurs, l’attention se porte sur l’intervention d’acteurs extérieurs dans les secteurs extractifs en RDC. « Ces acteurs opèrent dans le secteur minier congolais sans respecter leurs responsabilités économiques et sociales« , souligne-t-on, rappelant la nécessité d’un cadre de coopération qui privilégie la stabilité et la transparence. Dans ce contexte, la révision du protocole s’inscrit dans une démarche de pression diplomatique, tout en laissant envisager d’autres ajustements en fonction de l’évolution de la situation sur le terrain.
— M. KOSI

