Des députés nationaux et provinciaux du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ont pris publiquement la défense des groupes armés Wazalendo, qu’ils présentent comme des partenaires de terrain essentiels dans la lutte contre le M23. Lors d’une déclaration faite vendredi 6 juin, ces élus ont dénoncé une campagne visant, selon eux, à ternir l’image de ces combattants engagés aux côtés des FARDC dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Les députés pointent particulièrement un rapport de l’Institut de recherche Ebuteli, qu’ils estiment contribuer à une “criminalisation” injustifiée des Wazalendo sur le plan national et international. Parmi les signataires figurent les députés Kamundu Batundi Didier, Ndayishimiye Justin, Muhozi Ngaruye Emmanuel et Kamuntu Kashali, ce dernier étant par ailleurs identifié comme porte-parole des Wazalendo.
Muhozi Ngaruye Emmanuel, élu de Rutshuru, rappelle le rôle actif de ces combattants dans la résistance contre les actions du M23 depuis le retour de cette rébellion armée. Selon lui, les Wazalendo ont participé à contenir l’avancée de ce mouvement soutenu par le Rwanda, dans une région régulièrement secouée par des affrontements. Il déclare :
« Durant trois ans, jour pour jour, nous les avons tenus en échec et avons barré la route, en prouvant avec efficacité notre capacité de combat, notre niveau de résilience élevé et notre attachement à la patrie. »
Ces élus demandent au président de la République, Félix Tshisekedi, de maintenir son appui à ces groupes, présentés comme des « sentinelles » de la souveraineté nationale. Ils critiquent par ailleurs certaines voix proches du pouvoir qui suggéreraient l’exclusion de ces forces du dispositif sécuritaire.
« Ceux qui de votre entourage développent des thèses selon lesquelles il faut vous débarrasser de nous, les Wazalendo, ne vous aiment pas et n’aiment pas la République démocratique du Congo. », peut-on lire dans leur message.
Les parlementaires appellent à ne pas relâcher l’attention malgré les démarches diplomatiques menées à Doha et Washington. Ils estiment que les rebelles du M23 et leurs soutiens restent actifs, en dépit d’une accalmie apparente sur le terrain.
Enfin, ces élus attirent l’attention sur les conditions précaires dans lesquelles opèrent les Wazalendo, soulignant un manque de moyens logistiques et de soutien matériel. Ils en appellent au chef de l’État pour qu’il ordonne une assistance urgente.
« Prière ordonner aux instances habilitées de nous donner des moyens nécessaires pour que nous puissions jouer notre rôle de sentinelles, car nous mourons massivement de faim. »
— Peter MOYI

