Les États-Unis recommandent formellement à leurs ressortissants de ne pas voyager en République démocratique du Congo. Dans son dernier bulletin publié par le Département d’État, Washington place la RDC au niveau d’alerte 4, soit le seuil maximal, invoquant un environnement instable et la difficulté d’assurer une assistance consulaire sur le terrain.
Sur le réseau X, le Bureau des affaires consulaires a précisé que "le niveau 4 est attribué aux zones où les conditions locales sont extrêmes et où notre capacité à intervenir est limitée". Cette classification, qui concerne actuellement une vingtaine de pays, signifie une mise en garde stricte contre tout déplacement vers ces destinations jugées à haut risque.
À l’Est de la RDC, les violences s’intensifient. Le mouvement rebelle M23, allié à la coalition AFC, poursuit sa progression dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Ces deux territoires, riches en minerais, sont au cœur d’un conflit armé récurrent qui affaiblit l’autorité de l’État et menace la stabilité régionale.
Kinshasa continue d’accuser le Rwanda de soutenir ces groupes rebelles, notamment pour faciliter l’accès aux ressources minières congolaises. "Il est clair que ces attaques ne sont pas isolées" affirme un officiel congolais, dénonçant une stratégie d’ingérence économique et sécuritaire menée selon lui par Kigali.
Dans une tentative d’apaisement, une déclaration de principes a été signée fin avril à Washington, sous la médiation du secrétaire d’État américain. Ce texte, paraphé par des représentants rwandais et congolais, évoque une série d’engagements, dont la relance d’une coopération régionale. Mais sur le terrain, les affrontements se poursuivent et les initiatives diplomatiques peinent à freiner l’escalade.
— Peter MOYI

