La Fédération congolaise de football (FECOFA) entre dans une nouvelle phase de sa normalisation avec la désignation d’un triumvirat appelé à redéfinir les bases de son fonctionnement. Belinda Luntadila Nzuzi prend désormais la tête du Comité de normalisation (CONOR), épaulée par Honoré Loango Boelua Baendafe comme vice-président et Lisette Mavungu Thamba en qualité de membre. Cette configuration, validée par une correspondance officielle de la FIFA adressée à la FECOFA, prend effet sans délai.
La mesure, émanant du Bureau du Conseil de la FIFA, reflète une volonté claire de renforcer le suivi exercé sur le football congolais, un secteur longtemps affaibli par des querelles internes et des suspicions de gestion opaque. Le mandat du CONOR est prolongé jusqu’au 31 décembre 2025 au plus tard, afin d’achever les missions entamées : la révision des textes régissant la fédération, la remise en ordre des finances et l’organisation d’élections jugées acceptables aux plans national et international.
Depuis son institution, le Comité de normalisation a pour tâche de redresser une fédération paralysée par une gouvernance controversée. À travers cette dernière réorganisation, la FIFA et la CAF maintiennent leur prérogative de modifier à tout moment la composition du comité, dans le but d’assurer la continuité du processus. Cette flexibilité témoigne de l’importance stratégique que revêt cette mission pour les deux instances.
Les règles fixées par la FIFA sont sans équivoque : aucun membre actuel ou passé du CONOR ne sera autorisé à postuler à une fonction élective au sein de la FECOFA, peu importe la manière dont il quitte ses fonctions. Par ailleurs, chaque nomination au sein du comité fait l’objet d’un contrôle préalable d’éligibilité, mené par les services de la FIFA. Toute personne remplacée est immédiatement déchue de tout droit de signature ou de représentation au nom de la FECOFA.
Ce recentrage intervient à un moment délicat pour les Léopards, alors que deux échéances sportives capitales approchent : les qualifications pour la Coupe du monde 2026 et la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations prévue au Maroc en 2025. Le contexte exige une coordination rigoureuse et une gouvernance suffisamment stable pour permettre à la sélection nationale d’aborder ces rendez-vous avec sérénité.
Dans cette période de transition, l’espoir exprimé par de nombreux observateurs repose sur la capacité du comité, désormais conduit par Luntadila Nzuzi, à établir un climat de confiance tant au niveau local qu’auprès des partenaires institutionnels internationaux. Le défi sera de redonner du crédit à une fédération qui a trop souvent été synonyme de controverse et de blocages.
La FECOFA demeure sous le regard permanent de Zurich, où siège la FIFA, et du Caire, centre névralgique de la CAF. L’issue du processus de normalisation dépendra de la capacité du CONOR à engager des réformes concrètes et à garantir des scrutins libres, transparents et conformes aux standards internationaux. D’ici là, la gouvernance du football congolais reste entre les mains d’un comité sous tutelle, porteur d’une feuille de route exigeante mais nécessaire.
— M. KOSI

