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Face aux crises, Tshisekedi sommé de rompre avec les ministres de façade

C’est une pression qui ne cesse de monter. Alors que Félix Tshisekedi a confirmé, ce 25 juillet en Conseil des ministres, l’imminence du remaniement gouvernemental promis depuis janvier, les voix s’élèvent pour réclamer bien plus qu’un simple ajustement de casting. Parmi elles, celle de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC), qui appelle à une refonte profonde et orientée vers l’intérêt national.

Jonas Tshiombela, son coordonnateur national, met les mots justes là où le politique hésite. Dans une interview accordée le 28 juillet à la chaîne MCP, il affirme sans détour : « Il faut en finir avec les ministres de façade. Le pays a besoin de profils opérationnels, d’experts capables d’agir sur le terrain, et non de communicants qui se contentent de commenter l’actualité. »

Le contexte impose cette exigence. Cinq mois après l’investiture du second mandat de Tshisekedi, les défis sécuritaires à l’Est, les tensions sociales récurrentes et la lente reprise économique obligent à sortir des équilibres classiques de coalition. La NSCC insiste sur un gouvernement « resserré, de compétences et de convictions », composé aussi de femmes, jeunes, représentants des milieux scientifiques et associatifs, rompant avec la logique clientéliste.

Un remaniement sous haute attente

Des sources parlementaires évoquent un format d’équipe resserrée, avec une possible ouverture vers des membres issus de l’opposition dite modérée et de la société civile. Une configuration qui viserait à crédibiliser l’idée d’un « gouvernement d’union nationale » sans diluer l’autorité présidentielle dans des compromis fragiles.

Pour Tshiombela, ce remaniement n’aura de sens que s’il consacre « la fin de l’impunité et le début d’une gestion d’État tournée vers les urgences nationales. » Et de prévenir : « Le Congo ne peut plus continuer à être ce pays malléable aux intérêts extérieurs. Il est temps que la diplomatie conquérante du chef de l’État soit prolongée par une gouvernance ferme, capable de sécuriser les ressources et de restaurer la confiance des citoyens. »

Le message est clair. Dans un pays où les gouvernements se succèdent sans toujours rassurer, l’heure n’est plus aux alliances électorales mais à l’efficacité administrative. La population, épuisée par l’inflation, les pénuries d’eau et d’électricité, et les violences à l’Est, attend un signal fort.

Le président Tshisekedi, qui a récemment multiplié les initiatives sur la scène régionale pour réaffirmer son leadership dans la crise des Grands Lacs, joue désormais une partie intérieure tout aussi décisive. Le choix des ministres pourrait devenir un test grandeur nature de sa capacité à réformer sans céder aux pressions des partis, ni à recycler les mêmes figures controversées.

La NSCC, en appelant à un « sursaut national », semble faire écho à une impatience largement partagée. La liste des futurs membres du gouvernement, attendue dans les prochains jours, dira si cette ambition est entendue ou si le remaniement restera un simple ajustement de façade.

— M. KOSI.

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