Le top départ de la 58ᵉ édition de l’Examen d’État a été donné ce lundi, mobilisant 1 085 363 élèves à travers tout le territoire congolais et dans treize autres pays. À elle seule, cette statistique suffit à mesurer l’ampleur d’un événement qui, depuis 1967, reste une étape-clé de la vie scolaire congolaise.
Ce chiffre, en nette progression par rapport à l’an dernier (+12,1 %), inclut 1 079 341 candidats du cycle long et 6 022 du cycle court. On note aussi une participation féminine en progression : 43 % de filles pour le cycle long, et 17 % pour le cycle court. Un signal encourageant, même si les écarts entre provinces persistent.
Le Haut-Katanga domine le classement avec 94 670 candidats, suivi de Kinshasa-Lukunga (43 327) et Kinshasa-Tshangu (41 956). En revanche, l’Ituri s’illustre par la parité, enregistrant une participation féminine de 51,7 %, devant Kinshasa-Mont Amba et Tshangu (51,5 % chacune). Une dynamique qui mérite d’être observée de près, dans un pays où l’accès des filles à l’éducation reste encore semé d’obstacles.
Vers une numérisation plus poussée du système éducatif ?
Derrière les chiffres, cette édition introduit des outils technologiques inédits, à commencer par l’inscription des candidats via une plateforme en ligne sécurisée. Plus besoin de se rendre physiquement dans les écoles pour se faire enregistrer. Les listes sont établies numériquement, limitant ainsi les risques de fraude.
Deux centres de scannage ont également été inaugurés à Lubumbashi et Mbuji-Mayi pour accélérer la correction et réduire les délais de publication des résultats. Le ministère vante une gestion plus rigoureuse et plus rapide des épreuves.
Autre innovation : le déploiement du système E-diplôme. Chaque certificat obtenu via l’Exetat portera désormais un QR code ou un lien sécurisé pour authentification. Universités, ambassades, ou employeurs pourront désormais vérifier l’origine d’un diplôme sans intermédiaire. Un progrès notable dans la lutte contre la falsification des titres académiques, fléau encore trop répandu dans l’administration et le secteur privé.
Raïssa Malu, ministre d’État en charge de l’Éducation nationale, voit dans cette modernisation un pas vers « un Congo debout, compétent et solidaire ». Elle a salué l’engagement des finalistes, qu’elle invite à affronter cette épreuve avec « calme, confiance et honnêteté ». Pour elle, cet examen ne se limite pas à une évaluation des acquis. C’est aussi « un acte civique », révélateur de l’engagement citoyen des jeunes congolais.
Un message fort dans un pays qui cherche encore à reconstruire son système éducatif, longtemps mis à mal par les crises politiques, sécuritaires et budgétaires.
— M. KOSI

