Un groupe de Congolais de la diaspora s’est rassemblé le 27 septembre 2025 à Uccle, commune huppée de Bruxelles, pour organiser un sit-in devant une résidence présentée par les manifestants comme appartenant au président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi.
Cette action a été initiée par des membres de la Ligue des jeunes du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) au Benelux, formation politique liée à l’ancien chef de l’État Joseph Kabila.
Le mouvement serait coordonné par plusieurs anciens cadres de la Ligue des jeunes du PPRD de Kinshasa, notamment Yannick Bypa Mukaka, ancien président de cette structure, actuellement en exil, selon des témoignages recueillis.
D’après des images relayées sur les réseaux sociaux, notamment par le journaliste congolais en exil Pero Luwara, les manifestants ont dénoncé ce qu’ils qualifient d’utilisation des fonds publics congolais pour l’acquisition de biens immobiliers de luxe à l’étranger par le chef de l’État et son entourage familial.
Peu nombreux mais visibles, les participants ont exprimé leur opposition à la gouvernance actuelle du pays, dans un contexte où une partie de la diaspora congolaise multiplie, depuis plusieurs années, les actions de protestation à l’étranger. Ces mobilisations traduisent un climat de défiance persistant vis-à-vis des autorités de Kinshasa, sur fond de débats autour de la gestion économique, de la transparence et de la situation sécuritaire à l’est du pays.
Cette manifestation intervient dans un climat politique tendu entre les partisans du pouvoir en place et ceux de l’ancien régime. Le PPRD, parti de Joseph Kabila, demeure l’une des principales forces d’opposition, malgré les recompositions politiques observées depuis l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi en 2019.
Plusieurs cadres ou militants proches de cette formation affirment faire l’objet de poursuites judiciaires en République démocratique du Congo, ce qui expliquerait la présence active de certaines figures du parti au sein de la diaspora, notamment en Europe.
Parallèlement à ces mobilisations politiques, des organisations de la société civile congolaise ont engagé des démarches judiciaires en Belgique visant des membres de la famille présidentielle.
Le 6 juillet 2022, une plainte a été déposée à Bruxelles par des ONG congolaises et internationales, visant notamment des acquisitions immobilières présumées en Belgique.
Une nouvelle plainte a été introduite le 15 mars 2023, élargissant les accusations à des soupçons de blanchiment de capitaux et d’enrichissement illicite.
Ces procédures, toujours en cours d’examen par la justice belge, s’inscrivent dans une dynamique plus large de judiciarisation des questions de gouvernance et de lutte contre la corruption impliquant des responsables africains disposant de biens à l’étranger.
Si le sit-in du 27 septembre n’a rassemblé qu’un nombre limité de participants, il illustre néanmoins la persistance des clivages politiques congolais au sein de la diaspora. À mesure que les échéances politiques approchent en RDC, ces formes de mobilisation à l’étranger pourraient se multiplier, contribuant à internationaliser davantage les débats internes du pays.
À ce stade, aucune réaction officielle de la présidence congolaise n’a été enregistrée concernant cet incident survenu à Bruxelles.
Peter Moyi

