OCHA alerte sur une dégradation simultanée de la sécurité et de la santé publique à Nyiragongo et à Goma. Des combats dans le parc des Virunga ont provoqué de nouveaux déplacements, tandis que choléra et mpox progressent.
Une situation sanitaire et sécuritaire sous pression
Des affrontements sporadiques ont éclaté les 19 et 20 octobre dans le territoire de Nyiragongo. OCHA rapporte qu’« au moins 150 ménages, environ 750 personnes, ont fui » vers Goma. Les violences se sont poursuivies. Le rapport fait état de plus de 24 enlèvements et au moins quatre viols signalés dans des villages de Nyiragongo et des quartiers périphériques de Goma.
La pression sanitaire monte. Entre janvier et octobre 2025, les Zones de santé de Kirotshe, Goma, Karisimbi et Nyiragongo ont enregistré 7 235 cas de choléra, soit 76 % des 9 501 cas recensés dans toute la province. Les mêmes zones figurent parmi les plus touchées par la mpox avec plus de 7 163 cas sur 8 605 confirmés au Nord-Kivu. OCHA prévient : des partenaires ont suspendu leurs activités faute de financements, réduisant la riposte et augmentant le risque de propagation. « Le désengagement est préoccupant », insiste l’agence onusienne.
Sur le terrain, les opérations humanitaires continuent mais l’accès reste difficile. Les équipes négocient des couloirs pour acheminer soins d’urgence, vivres et assistance de base. Routes coupées, insécurité et mouvements de population ralentissent les secours. L’ONU demande un accès rapide, sans entrave et sécurisé vers les zones touchées.
Le conflit s’intensifie depuis le début de l’année. Les attaques de la rébellion AFC/M23 ont déplacé des centaines de milliers de personnes, selon les autorités et les agences onusiennes. Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir ce mouvement ; Kigali conteste. Les initiatives de médiation — processus de Washington mené par les États-Unis et efforts du Qatar — peinent à produire des effets visibles sur le terrain. Les appels se multiplient pour respecter les engagements et faire taire les armes.
Pour la population, l’impact est direct. Les familles qui fuient dorment chez des proches ou dans des sites déjà saturés. Les points d’eau et les latrines manquent, ce qui favorise le choléra. Les écoles et les centres de santé subissent des surcharges. Sans financement supplémentaire et sans sécurité minimale, les services de base vacillent et les épidémies risquent d’empirer à l’approche de la saison des pluies.
— La Rédaction

