Par Manassé Kitemoko Kosi
La capitale de la province du Kasaï Oriental, Mbuji-Mayi, a été le théâtre de tensions inquiétantes mardi dernier, le 31 octobre 2023, alors que des jeunes manifestants se sont opposés violemment à la police, réclamant la libération de leur présumé chef de gang, Philémon ILUNGA. L’incident a rapidement dégénéré, aboutissant à la perte de vies humaines et laissant la population locale dans la peur.
La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) a condamné fermement l’usage d’armes létales et de balles réelles par la Police Nationale Congolaise (PNC) lors de la manifestation. Les manifestants réclamaient la libération de Philémon ILUNGA, un individu accusé de divers méfaits, ayant fui les forces de l’ordre après son retour de Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga.
La situation a dégénéré lorsque les forces de police ont tenté de rétablir l’ordre perturbé. Les manifestants, bien connus pour leurs actes criminels dans la région, se sont violemment opposés. La police a alors eu recours à des gaz lacrymogènes et à des tirs à balles réelles pour disperser la foule, causant ainsi la mort de trois personnes et de nombreuses blessures.
Parmi les victimes, on compte M. Robin KALONJI KADIAYI, un étudiant en Sciences Économiques de Gestion à l’Université Officielle de Mbuji-Mayi (UOM), qui a perdu la vie après avoir été touché par une balle perdue devant le domicile de ses parents dans la commune de la Muya. Les deux autres victimes sont Mlle TSHINGUTA MUSUASUA et un certain Taatu, le cousin présumé du chef de gang.
La manifestation a eu lieu sur l’avenue Kalonji, dans le quartier Mwaluse de la commune de la Muya à Mbuji-Mayi, rassemblant des délinquants et des individus incivils venus de divers quartiers de la ville. La terreur s’est rapidement répandue, accompagnée de graves violations des droits à la propriété, à l’intégrité physique et à la vie.
Un procès en flagrance a été ouvert le jeudi 2 novembre 2023 devant le Tribunal de Grande Instance de Mbuji-Mayi contre Philémon MBIKAYI ILUNGA et ses complices, accusés de coups et blessures, rébellion, association de malfaiteurs et extorsion.
La VSV appelle les autorités de la province du Kasaï Oriental à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des personnes et de leurs biens. Elle recommande également à la hiérarchie de la Police Nationale Congolaise (PNC) d’interdire l’usage de balles réelles lors des manifestations, et d’envisager des sanctions contre les policiers responsables des tirs ayant entraîné des décès et des blessures parmi la population.
En outre, la VSV demande au gouvernement de prendre en charge les funérailles des personnes tuées par balles lors de la manifestation, et d’indemniser les familles des victimes pour les préjudices subis.
La situation à Mbuji-Mayi rappelle une fois de plus l’importance d’un dialogue constructif et de l’impératif de maintenir l’ordre public tout en protégeant les droits des citoyens. L’équilibre entre ces deux impératifs demeure un défi pour les autorités locales et nationales.

