La République Démocratique du Congo (RDC) se trouve à un carrefour critique de son histoire électorale, avec la lumière braquée sur les contrats passés entre la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) et Miru Systems, une entreprise sud-coréenne. Selon une enquête de l’agence de presse Reuters, plus de 250 millions de dollars ont été versés à Miru Systems entre 2022 et 2023, principalement via des contrats de gré à gré, pour la fourniture d’équipements électoraux essentiels. Ces contrats ont soulevé des questions quant à leur transparence et à leur efficacité, surtout à la lumière des défaillances signalées lors des scrutins.
Miru Systems, au cœur des élections de 2023, était chargée de fournir les kits électoraux, les cartes d’électeurs, les machines à voter et les bulletins de vote. Cependant, de nombreux électeurs à travers le pays ont rencontré des difficultés pour voter, leurs noms étant absents des listes électorales ou leurs cartes rendues illisibles, amenant la CENI à autoriser le vote sous conditions particulières. Ce dysfonctionnement a privé près de 7 millions de Congolais de leur droit de vote, selon des déclarations faites à Reuters par Ithiel Batumike, chercheur principal à l’institut de recherche politique congolais Ebuteli.
Face à cette situation, Jean-Claude Mputu, porte-parole de l’organisation « Le Congo n’est pas à vendre », a exprimé sa détermination à poursuivre Miru Systems devant la justice nationale et internationale, accusant l’entreprise de fournir du matériel défectueux et opaque. Il appelle également les gouvernements congolais et coréen à ouvrir des enquêtes pour mettre fin à ce qu’il qualifie de sabotage électoral.
La révélation de dissensions au sein même de la CENI quant à la gestion des contrats avec Miru accentue le malaise. Une note interne, datée de novembre 2022 et consultée par Reuters, montre que certains membres de la commission se sont ouvertement inquiétés de l’opacité entourant ces accords.
Miru Systems, fondée en 1999, a vu son chiffre d’affaires exploser suite à des contrats en Irak et en RDC, malgré les critiques sur son rôle dans ces élections. En Irak, des inquiétudes sur l’équipement de l’entreprise ont mené à un recomptage manuel partiel des votes.
Des contrats deux fois plus chers qu’à la précédente élection soulèvent des questions sur l’inflation artificielle des coûts et la potentielle corruption dans l’attribution des marchés. Le Centre de recherche en finances publiques et développement local (CREFDL) a même demandé un audit de la gestion du budget électoral et des passations de marchés par la CENI.
Cet article souligne la nécessité d’une enquête approfondie sur les contrats signés entre la CENI et Miru Systems, pour assurer la transparence et l’intégrité des processus électoraux en RDC.
Rédaction Editorial

