Le récent remaniement du gouvernement par le Premier ministre Sumwina a suscité une onde de choc au sein de l’Union sacrée de la nation (USN). L’exclusion de certains poids lourds et la répartition controversée des portefeuilles ministériels ont provoqué une crise profonde, nécessitant une réunion d’urgence présidée par Augustin Kabuya, le chef du parti présidentiel.
Selon les témoignages recueillis, la majorité des élus exprime un mécontentement notable. « Plus de 70% des élus sont frustrés après la sortie du gouvernement Sumwina », affirme un cadre de l’USN sous couvert d’anonymat. La principale critique porte sur la non-conformité de la répartition des postes ministériels avec le poids numérique des regroupements politiques. Le gouvernement Sumwina est accusé de ne pas avoir respecté les équilibres politiques. « Il y a des regroupements qui ont plus de 10 députés qui n’ont obtenu aucun ministère, comme celui dirigé par Théophile Kazadi », confie un autre leader politique. La clé de répartition initialement prévue n’a pas été appliquée, créant ainsi des frustrations parmi les chefs de regroupements.
La Première ministre est également critiquée pour ses choix. « La Première ministre n’a pas pris en compte les listes déposées par les regroupements de l’Union sacrée. Elle a nommé des personnes qui ne figuraient sur aucune liste présentée par les chefs de regroupement », fustige un chef de regroupement politique. Ce sentiment de trahison renforce la crise actuelle au sein de l’USN. La frustration est également alimentée par l’absence de la province du Maniema dans le nouveau gouvernement. Les chefs de regroupements de l’USN ont exprimé leurs doléances à Augustin Kabuya, qui doit les transmettre au Président Félix Tshisekedi. Deux options ont été discutées pour apaiser les tensions : la compensation ou la révision de la composition du gouvernement.
La révision de la composition du gouvernement semble irréaliste après six mois de négociations intenses. Les compensations devraient intervenir lors de nouvelles nominations dans les entreprises et établissements publics. Le test de la stabilité de cette majorité se fera lors du vote d’investiture du gouvernement à l’Assemblée nationale, prévu avant le 15 juin.
En RDC, former un gouvernement est un exercice périlleux. Les pressions politiques, familiales et financières rendent cette tâche ardue. Le gouvernement Sumwina Tuluka, composé de 54 membres dont plusieurs technocrates, reflète ces complexités et les défis de gouvernance auxquels le pays est confronté.
L’issue de cette crise interne à l’USN dépendra de la capacité du gouvernement à répondre aux attentes de ses membres et à maintenir l’équilibre politique nécessaire à sa stabilité.
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