La ville de Matadi, capitale du Kongo Central, a récemment accueilli la 8ème édition de l’Expo-Béton, un événement qui a réuni les acteurs économiques et politiques pour examiner le potentiel de développement de cette région stratégique de la République Démocratique du Congo. Du 18 au 21 septembre, plusieurs personnalités, dont des experts du secteur économique, ont échangé autour des défis et des opportunités liés aux infrastructures et aux industries du Kongo Central.
Le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a profité de cette plateforme pour intervenir sur le thème « Énergie, pétrole, industries : opportunités du corridor de développement du Kongo Central ». Dès ses premiers mots, il a mis en exergue la pertinence du choix de Matadi pour accueillir cette réflexion, compte tenu de la proximité avec le barrage d’Inga, une infrastructure clé pour l’approvisionnement en énergie du pays.
Le potentiel industriel du kongo central
Lors de son discours, Daniel Mukoko Samba a insisté sur les atouts économiques de la province. Le barrage d’Inga, véritable poumon énergétique du pays, ainsi que les infrastructures portuaires de Matadi, Boma et Banana (encore en construction), font du Kongo Central une zone aux perspectives prometteuses. La région abrite également trois cimenteries et la plus grande usine de production de sucre du pays. Ces ressources, selon le ministre, positionnent cette province comme un acteur essentiel dans le développement économique de la RDC.
En effet, il a souligné que malgré la richesse des infrastructures présentes, de nombreuses opportunités économiques restent inexploitées, notamment dans les secteurs de l’énergie et de l’industrie. Le potentiel du Kongo Central, si pleinement utilisé, pourrait contribuer à stimuler une croissance économique nationale plus soutenue.
Un appel à l’action
Cependant, Daniel Mukoko Samba a aussi relevé les obstacles qui freinent la réalisation de certains projets, notamment l’exploitation complète du barrage d’Inga. Il a interpellé l’audience sur la stagnation du développement du corridor industriel du Kongo Central, s’interrogeant sur les raisons du retard des travaux. « Pourquoi les projets n’avancent-ils pas au-delà de la phase de conception ? » s’est-il demandé, tout en exhortant les participants à transformer ces défis en opportunités.
En évoquant l’absence de marchés ruraux et le manque de routes de desserte agricole, le ministre a illustré les défis que la province doit relever pour que le Kongo Central devienne véritablement un levier de croissance pour tout le pays. Une meilleure connexion entre les zones rurales et les centres économiques de la province permettrait d’améliorer la productivité agricole et d’encourager l’industrialisation locale.
Les perspectives à long terme
Avec une stratégie cohérente et une mobilisation des investisseurs, le Kongo Central pourrait connaître une transformation économique significative. Les autorités locales et nationales devront renforcer les infrastructures existantes, tout en cherchant à attirer des investissements dans des secteurs clés comme l’énergie, les transports et l’agriculture. La concrétisation des projets actuellement en attente serait cruciale pour accélérer le développement économique, non seulement au niveau provincial, mais aussi pour l’ensemble du pays.
En conclusion, l’intervention du Vice-Premier ministre a rappelé l’importance de dynamiser le développement du Kongo Central, une province riche en ressources mais encore sous-exploitée. En combinant un leadership fort et des politiques économiques efficaces, cette région pourrait devenir un moteur économique incontournable pour la RDC.
Peter MOYI

