Au moins 663 civils ont perdu la vie entre juin et septembre 2024 dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, des régions dévastées par des violences persistantes en République démocratique du Congo. Le dernier rapport de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) révèle une intensification des attaques menées par des groupes armés, notamment les Forces démocratiques alliées (ADF), responsables à elles seules de 342 décès.
Ces trois mois de violence ont laissé un lourd bilan : 104 femmes et 50 enfants figurent parmi les victimes, tandis que 229 autres civils, dont 67 enfants et femmes, ont été grièvement blessés. Les régions touchées continuent de subir les attaques répétées des ADF, mais aussi de la Coopérative pour le développement du Congo (CODECO) en Ituri, où ce groupe lutte pour le contrôle de zones stratégiques, notamment les sites miniers.
« Les forces armées restent impuissantes face à la recrudescence des violences, » explique un observateur sur place. En dépit de la signature d’un cessez-le-feu en août, la situation sécuritaire reste critique dans le Nord-Kivu. Le territoire de Rutshuru, entre autres, a vu la présence des combattants du M23 se consolider, malgré un court répit humanitaire en juillet. « Les affrontements persistent, les communautés locales vivent dans la terreur, » rapporte une source locale.
L’est de la RDC continue de subir les répercussions d’une lutte sans fin entre divers groupes rebelles, rendant difficile tout retour à la normalité. Le rapport de la MONUSCO note néanmoins un respect général du cessez-le-feu entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et la Force de défense rwandaise, bien que des tensions demeurent sur le terrain.
« La population paie un lourd tribut à ces conflits qui durent depuis des décennies, » souligne un analyste de la région. Le besoin de stabilisation et de protection civile reste au cœur des préoccupations internationales, mais les avancées sur le terrain tardent à se concrétiser.
M.KOSI

