À Masi-Manimba, le paysage quotidien s’est transformé avec l’arrivée en masse des forces de l’ordre et des FARDC, à quelques jours des élections prévues pour le 15 décembre. Les mouvements de ces unités, bien visibles dans le chef-lieu du territoire, suscitent des interrogations et un mélange de curiosité et d’inquiétude au sein de la population.
Selon Emery Kanguma, administrateur du territoire, ce renforcement sécuritaire est une réponse directe aux tensions qui avaient marqué les précédents scrutins de décembre 2023. Il insiste sur l’objectif de protéger le processus électoral et d’instaurer un climat de sérénité. « Les agents que vous voyez sont là pour sécuriser les élections, pas pour intimider. La population doit rester calme et ne pas céder à la manipulation. Ceux qui chercheront à perturber le processus trouveront la police sur leur chemin« , a-t-il déclaré.
La mobilisation autour de ces élections est palpable. Avec 302 candidats en lice pour cinq sièges aux législatives nationales et 571 pour les provinciales, la compétition s’annonce intense. La campagne électorale, entamée en novembre, a transformé le territoire en un véritable carrefour d’idées et de débats, chaque candidat tentant de mobiliser les électeurs avec des promesses et des programmes variés.
Pour les habitants, ces déploiements massifs de forces de sécurité traduisent autant une volonté de protection qu’un rappel des tensions passées. Si certains y voient une garantie d’ordre, d’autres, plus sceptiques, redoutent un possible usage excessif de ces dispositifs. Malgré tout, l’enthousiasme pour le scrutin reste intact, porté par l’espoir d’un renouveau politique.
Alors que les derniers jours de la campagne se déroulent sous haute surveillance, les autorités locales et la CENI réaffirment leur engagement à mener des élections sans accroc. Les électeurs, quant à eux, s’apprêtent à jouer leur rôle dans ce moment décisif, espérant que cette mobilisation sécuritaire permettra enfin un vote apaisé et représentatif.
Par Peter MOYI

