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Ituri : les habitants rejettent l’appel à la réconciliation avec les milices armées

Les habitants de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), vivent depuis des années au rythme des violences armées, prisonniers d’un cycle de conflits qui semble sans fin. Alors que le gouverneur de cette province appelle à une réconciliation entre communautés et groupes armés, ce message est accueilli avec scepticisme et colère par les populations locales.

Vital Tungulo, porte-parole de plusieurs communautés victimes, a exprimé sa désapprobation face à cet appel lors d’une déclaration à la presse à Bunia. Pour lui, cette démarche masque une défaillance des autorités à assumer leur rôle principal : ramener la paix par des actions concrètes. « Comment peut-on parler de réconciliation alors que les miliciens circulent encore librement avec leurs armes, terrorisant les civils ? » s’interroge-t-il, visiblement indigné.

Le climat de méfiance s’intensifie alors que l’état de siège, instauré depuis plus d’un an pour contrer l’insécurité, ne produit pas les résultats escomptés. Les habitants dénoncent une militarisation inefficace et l’incapacité à désarmer les factions armées, qui continuent de semer la terreur dans les villages reculés. La demande du gouverneur de « pardon mutuel » est perçue par beaucoup comme une tentative de détourner l’attention de cet échec.

Les critiques ne se limitent pas à la stratégie sécuritaire. En Ituri, les populations ressentent profondément la douleur des pertes humaines et matérielles subies. Le pardon, évoqué par les autorités, semble prématuré et hors de portée tant que justice et réparation ne sont pas au cœur des démarches. « Nous sommes des victimes, pas des bourreaux. Pourquoi devrions-nous demander pardon à ceux qui nous ont tout pris ? » lance un habitant, exprimant un sentiment partagé par de nombreuses familles endeuillées.

Dans ce contexte, les attentes des communautés sont claires : des mesures fermes contre les milices, une réhabilitation des infrastructures de sécurité et une véritable volonté politique pour restaurer la confiance. À leurs yeux, la paix ne se décrète pas, elle se construit. Il faudra bien plus que des mots pour guérir les blessures de l’Ituri.

— Peter MOYI

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