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Ituri : des milliers de déplacés en détresse face à l’insécurité et à la famine à Bahema-Nord

Dans la chefferie de Bahema-Nord, dans le territoire de Djugu en Ituri, les déplacés et les populations retournées luttent pour survivre dans un contexte où tout semble jouer contre eux. Entre l’insécurité persistante et l’absence d’accès à leurs moyens de subsistance, leur quotidien est marqué par des privations et une incertitude qui pèse lourdement sur leur avenir.

Charité Banza, militant des droits humains, a récemment pris la parole pour alerter sur l’urgence de leur situation. "Ces personnes sont abandonnées à leur sort. Si rien n’est fait rapidement, nous risquons de faire face à des conséquences dramatiques," a-t-il déclaré. Ce cri d’alarme intervient alors que l’accès aux champs, principale source de subsistance pour ces communautés, reste bloqué par des violences armées récurrentes.

Dans les groupements de Buku, Utcha, Diropka et Losandrema, le spectre de la famine se fait de plus en plus menaçant. Les habitants, privés de récoltes, doivent faire face à une flambée des prix des produits alimentaires, rendant les denrées de première nécessité presque inaccessibles. "Nous sommes en train de vivre un cauchemar. Même ceux qui avaient gardé espoir voient leurs réserves s’amenuiser chaque jour", confie un habitant sous couvert d’anonymat.

L’année écoulée n’a apporté aucun répit à cette région déjà meurtrie. Les affrontements entre les groupes armés CODECO et les forces d’autodéfense Zaïre ont laissé des traces profondes, forçant des milliers de personnes à fuir et détruisant les rares infrastructures encore fonctionnelles. Ces violences, bien que documentées, restent souvent sans réponse concrète des autorités ou de la communauté internationale.

Le silence des institutions face à cette situation continue d’alimenter la frustration des habitants, qui se sentent oubliés. "On nous parle de paix, mais sur le terrain, tout ce qu’on voit, ce sont des armes et des gens qui meurent", déplore un ancien chef de village.

Alors que les regards se tournent vers le gouvernement congolais et ses partenaires, une question demeure : combien de temps ces populations peuvent-elles tenir dans de telles conditions ? Les besoins sont immenses, mais la réponse tarde à arriver. Pendant ce temps, dans les camps de fortune et les villages désertés, les habitants n’attendent plus qu’un miracle pour reprendre une vie digne.

— Peter MOYI

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