Des affrontements ont éclaté depuis le 24 avril entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les milices Wazalendo dans les hauteurs de Rugenge, au nord d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu. Ces échanges de tirs se sont poursuivis ce vendredi 25 avril, semant la panique parmi les habitants et perturbant les activités quotidiennes.
Selon des sources locales, les tensions seraient liées à des désaccords sur le contrôle de certaines positions stratégiques, notamment dans les montagnes surplombant Uvira. Un habitant rapporte : « Depuis ce matin, il y a des tirs dans les collines, nous sommes dans la panique et n’avons pas envoyé les enfants à l’école.«
L’armée congolaise, par la voix du lieutenant Elongo Kyondwa Marc, porte-parole du secteur opérationnel Sukola 2, évoque un redéploiement de ses forces pour assurer la protection de la ville : « Les coups de feu entendus dans les collines surplombant Uvira sont dus à un redéploiement des militaires des forces loyalistes dans différentes crêtes des collines en vue d’assurer une protection maximale de la ville. »
Ces tensions surviennent dans un contexte de fragilité sécuritaire accrue dans la région. Depuis la prise de Bukavu par les rebelles de l’AFC/M23 en février dernier, Uvira est devenue le siège provisoire des institutions provinciales. La présence de multiples acteurs armés, dont les FARDC, les Wazalendo et les forces burundaises, complique davantage la situation sécuritaire.
Par ailleurs, des affrontements ont également été signalés entre les Wazalendo et les forces burundaises dans la région de Rugezi, entraînant des pertes humaines significatives. Cette multiplicité d’acteurs et d’intérêts rend la coordination des opérations militaires particulièrement complexe.
La population civile, prise en étau entre ces différentes forces, subit les conséquences de ces affrontements. Les activités économiques sont paralysées, et de nombreux habitants cherchent refuge dans des zones plus sûres. Les autorités locales appellent à une désescalade des tensions et à la reprise du dialogue entre les différentes parties pour restaurer la paix dans la région.
— M. KOSI

