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Mise en accusation de Roger Lumbala : un pas vers la justice pour les victimes congolaises

Par Manassé Kitemoko kosi

Les juges d’instruction français du pôle crimes contre l’humanité ont émis une ordonnance de mise en accusation à l’encontre de l’ancien chef de guerre congolais, Roger Lumbala, pour « complicité de crimes contre l’humanité« . Ces crimes incluent des meurtres, actes de torture, viols, pillages et réduction en esclavage, y compris esclavage sexuel, commis en République démocratique du Congo (RDC) entre 2002 et 2003.

Cette ordonnance ne se limite pas à Roger Lumbala. Elle vise également le président du Rassemblement congolais pour la démocratie Nationale (RCD-N), pour entente en vue de commettre des crimes contre l’humanité. Pour des organisations telles que la Clooney Foundation for Justice (CFJ), Justice Plus, Minority Rights Group (MRG) et TRIAL International (TRIAL), cette mise en accusation est un pas important vers la justice pour les survivants d’atrocités de masse en RDC.

L’arrestation de Roger Lumbala à Paris en janvier 2021 fait suite aux allégations selon lesquelles son groupe armé, le RCD-N, et ses alliés, auraient commis des atrocités lors de l’opération militaire « Effacer le tableau » menée dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Cette opération visait à prendre le contrôle de zones riches en ressources naturelles situées à l’Est du pays.

Les accusations portées contre Roger Lumbala incluent le fait d’avoir donné des ordres de torture et d’avoir assisté les troupes du RCD-N en fournissant le ravitaillement nécessaire, tout en laissant les combattants placés sous son autorité et son contrôle commettre ces crimes odieux.

Daniele Perissi, responsable du programme Grands Lacs de TRIAL, a déclaré : « Ce procès représenterait une opportunité sans précédent pour les victimes congolaises, les survivants et leurs communautés. Ce sera la première fois qu’un tribunal national jugera les crimes de masse commis en RDC durant ces années. Cela montre que les auteurs de telles atrocités ne peuvent rester impunis.« 

Au cours de l’instruction, plus de 20 survivants ont fait le voyage en France pour témoigner et ont été admis en tant que parties civiles à la procédure, de même que plusieurs organisations nationales et internationales de défense des droits de l’homme.

Cette procédure a été rendue possible en France grâce au principe de compétence universelle, qui permet à certains pays de poursuivre les crimes les plus graves, quel que soit le lieu où ils ont été commis ou la nationalité des auteurs ou des victimes.

La mise en accusation de Roger Lumbala marque un pas significatif vers la justice pour les victimes congolaises, mettant en lumière l’importance de la lutte contre l’impunité pour les crimes contre l’humanité. Le monde surveillera de près l’évolution de ce procès et espère que cela servira de précédent pour d’autres poursuites similaires.

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