La République Démocratique du Congo (RDC), confrontée à des tensions croissantes avec le Rwanda, a décidé de ne pas célébrer la Journée internationale de la Francophonie cette année, mettant en lumière les fractures au sein de l’espace francophone. Dans un contexte marqué par des accusations d’agression rwandaise via le mouvement rebelle M23, Kinshasa soulève des questions fondamentales sur la solidarité et le rôle de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
Selon Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement congolais, cette décision reflète un sentiment de marginalisation au sein de l’OIF, exacerbé par la position ambiguë de Louise Mushikiwabo, Secrétaire Générale de l’OIF et ancienne ministre des Affaires étrangères du Rwanda. Cette situation souligne la complexité des relations entre membres de l’OIF et pose la question de l’influence politique au sein de cette organisation.
La RDC, représentant le plus grand nombre de francophones au monde, s’interroge sur les avantages de son appartenance à l’OIF, dans un contexte où le soutien face aux défis sécuritaires et politiques semble insuffisant. L’absence de célébration de la Francophonie à Kinshasa est symbolique d’un appel plus large à la réflexion sur l’avenir de l’espace francophone, ses valeurs de solidarité et son rôle sur la scène internationale.
Cette année, au lieu de festivités, des émissions spéciales seront organisées pour discuter de la Francophonie souhaitée par la RDC, un débat essentiel pour l’avenir de la relation entre la RDC et l’OIF. En définitive, la décision de Kinshasa met en lumière les défis auxquels est confrontée la Francophonie, invitant à une introspection sur ses principes fondateurs et sa capacité à répondre aux attentes de ses membres dans des moments cruciaux.
Éditorial par l’équipe de rédaction

