Depuis deux mois, Kyavinyonge, une paisible localité lacustre bordant le lac Edouard à Beni, dans le Nord-Kivu, a été le théâtre de tragédies déconcertantes. En effet, quatre personnes ont été cruellement prises pour cible par des crocodiles impitoyables, révélant ainsi une menace jusque-là insoupçonnée.
La dernière victime en date, un adolescent âgé d’une quinzaine d’années, a été sauvagement attaqué le mercredi 20 mars. Une tragédie de trop pour une communauté déjà ébranlée par la répétition de ces événements funestes.
Daniel Malekani, président de la société civile de Kyavinyonge, ne cache pas son désarroi face à cette série de décès. Il interpelle avec vigueur l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), chargé de la protection de la faune et de la flore, pour qu’il prenne des mesures drastiques afin de garantir la sécurité des habitants.
« Nous venons de compter au moins quatre morts en l’espace de deux mois, une situation alarmante qui ne peut être ignorée. Comment se fait-il que ces animaux, censés être protégés, se transforment en prédateurs menaçants pour notre communauté ? Il est impératif que des mesures préventives soient prises pour éviter de nouvelles tragédies », a-t-il déclaré avec émotion.
Face à cette situation critique, Daniel Malekani en appelle à la vigilance de la population : « Il est crucial que chacun reste vigilant et prenne les précautions nécessaires, même si la tâche paraît ardue. Presque toutes nos activités se déroulent sur les rives du lac Edouard, exposant ainsi chacun de nous au danger potentiel que représentent ces redoutables prédateurs. »
Bien que déplorant ces incidents, le porte-parole de l’ICCN au Nord-Kivu, Bienvenue Bwende, assure que des mesures ont été prises pour contrer les attaques des crocodiles. Il exhorte également les pêcheurs à respecter strictement la réglementation en vigueur sur le lac Edouard, seule garantie de leur sécurité dans ce milieu hostile.
La cohabitation entre l’homme et la faune sauvage représente un défi permanent dans les régions lacustres telles que Kyavinyonge. En attendant des solutions durables, la prudence reste de mise pour éviter de nouvelles tragédies.
Par l’Équipe Éditoriale de Bisonews.cd

