Les récentes exonérations fiscales accordées à Modeste Bahati Lukwebo, député, ancien président du Sénat et opérateur économique, suscitent une vive controverse à Goma. La société civile locale s’insurge contre un arrêté signé par le gouverneur militaire le 7 mai dernier, exonérant M. Bahati de l’impôt foncier et de l’impôt sur les revenus locatifs pour son patrimoine immobilier dans la région. Cette mesure, d’une durée initiale de deux ans renouvelable, concerne 13 concessions foncières appartenant à l’homme politique.
Selon la coordination de la société civile, cette décision crée un précédent inquiétant. John Banyene, président provincial, déplore un favoritisme flagrant envers les élites politiques et économiques, accentuant les inégalités sociales et sapant la confiance des citoyens dans le système fiscal. Cette situation est d’autant plus mal perçue dans un contexte économique tendu, où de nombreux habitants peinent à joindre les deux bouts.
Pour illustrer ce point, Banyene souligne que de nombreux entrepreneurs locaux sont confrontés à une pression fiscale insoutenable, certains devant même fermer leurs portes. Cette mesure d’exonération, sans aucune contrepartie en faveur de la population, risque selon lui d’encourager l’incivisme fiscal en donnant l’impression que les politiciens bénéficient de privilèges indus au détriment du contribuable ordinaire.
Cette polémique soulève également des questions plus larges sur la gouvernance et la transparence dans la région. Les critiques estiment que de telles pratiques nourrissent un sentiment d’injustice et sapent la confiance des citoyens dans les institutions.
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