Kinshasa, le 25 novembre 2023 – Hier, lors d’un sommet de l’East African Community (EAC) en Tanzanie, la question cruciale de la sécurité dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) a été au centre des débats. Les tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali ont également été évoquées. Une annonce notable a été faite par le gouvernement congolais, déclarant qu’il ne prolongerait pas le mandat de la Force Régionale de la Communauté d’Afrique de l’Est au-delà du 8 décembre 2023.
Réactions dans les rues de Kinshasa
Les habitants de Kinshasa ont diversement réagi à cette décision. Les rues de la capitale ont vu émerger des voix critiques envers le recours continu de Kinshasa à des forces extérieures pour restaurer la paix dans l’Est du pays.
« Nos autorités ne semblent pas tirer les leçons des échecs passés. Depuis longtemps, nous faisons appel aux forces étrangères pour soutenir nos propres forces armées, mais les résultats ne sont pas au rendez-vous. Cette approche ne fait qu’aggraver la situation au lieu de l’apaiser », déplore Marguerite Manga, cambiste au grand marché de Kinshasa.
Les Kinoises appellent au départ de l’EAC
Dans les rues, les Kinoises expriment leur mécontentement et appellent au départ des forces de l’EAC avant le 8 décembre.
« La décision de ne pas renouveler le mandat de l’EAC est positive. Cette force doit quitter le territoire congolais avant la date butoir, sinon elle sera contrainte de le faire par la force », insiste Marguerite Manga.
Nadia Ngeleka, étudiante à l’IFASIC, estime que le retrait des forces de l’EAC, tout comme celui de la MONUSCO, contribuerait grandement à la restauration de la paix dans l’Est.
La confiance en l’armée congolaise
Nadia souligne également la nécessité pour le gouvernement de faire confiance à l’armée congolaise. « Le peuple est prêt à soutenir notre armée. Nous devons apprendre à nous prendre en charge et cesser de tendre la main aux forces étrangères », déclare-t-elle.
Eugénie Konda, vendeuse au Grand Marché de Kinshasa, partage une inquiétude quant à l’intensification des attaques après le départ des troupes étrangères. Elle suggère l’insertion de cours à caractère militaire dans les programmes d’enseignement pour renforcer la capacité de défense nationale.
L’annonce du déploiement de la SADC
Félix Tshisekedi, dans la lutte pour restaurer la paix, a supervisé la signature de l’accord sur le statut de la Force de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Selon le Ministre Lutundula, cette force régionale se concentrera sur le soutien à l’armée congolaise dans la lutte contre le M23 et d’autres groupes armés perturbant la paix.
L’East African Community élargie
Au cours du sommet, la Somalie a officiellement rejoint l’EAC, portant le nombre de pays membres à huit. Le président du Burundi a cédé le bâton de commandement à son homologue sud-soudanais, Salva Kiir.
Craintes pour l’avenir
Malgré les différentes perspectives, Aline Kanza, infirmière et mère de trois enfants, exprime des craintes quant à l’avenir. Elle redoute l’intensification des attaques une fois que toutes les troupes étrangères auront quitté le Congo.
« Nous devons nous méfier des conséquences de cette décision. Le départ des troupes étrangères pourrait entraîner une multiplication des attaques, plongeant le pays dans le chaos », souligne-t-elle.
Manassé Kitemoko Kosi

