À New York, vendredi 26 septembre 2025, le Premier ministre israélien a qualifié la création d’un État palestinien de « suicide national » et a réaffirmé sa volonté de poursuivre l’offensive à Gaza. Face aux critiques des capitales occidentales ayant reconnu l’État de Palestine, il a accusé ces pays d’avoir « cédé » au Hamas.
Benjamin Netanyahu a durci le ton à la tribune des Nations unies. « Voici un autre message pour les dirigeants occidentaux : Israël ne vous permettra pas de nous imposer un État terroriste. Nous ne commettrons pas un suicide national », a-t-il lancé, visant notamment la France, le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie, qui ont formalisé ces derniers jours leur reconnaissance de l’État palestinien. Il a fustigé des « mensonges antisémites » dans les critiques visant la conduite de la guerre à Gaza.
Reconnaissance occidentale, plan américain et promesse faite aux otages
Cette séquence intervient après un sommet franco-saoudien consacré à la perspective de deux États vivant côte à côte en paix et sécurité. La décision d’une dizaine de pays de reconnaître l’État de Palestine a suscité la colère d’Israël. Sur le fond, le chef du gouvernement israélien maintient sa ligne : refuser toute solution qui, selon lui, créerait un « État terroriste » à ses frontières.
Arrivé la veille à New York avant un passage annoncé à Washington, Benjamin Netanyahu a affirmé avoir fait installer des haut-parleurs dans la bande de Gaza pour s’adresser aux otages. « Nous ne vous avons pas oubliés, même pour une seconde. Le peuple d’Israël est avec vous. Nous ne nous reposerons pas tant que vous ne serez pas tous rentrés à la maison », a-t-il déclaré en hébreu puis en anglais. Il a assuré vouloir « finir le travail » contre le Hamas « aussi vite que possible » dans un territoire dévasté par près de deux ans de guerre.
Dans le même temps, les regards se tournent vers un nouveau plan américain présenté cette semaine à des pays arabes et musulmans. Le président Donald Trump a affirmé « penser » avoir un accord : un dispositif en 21 points comprenant un cessez-le-feu permanent à Gaza, la libération des otages, un retrait des forces israéliennes et une gouvernance future de Gaza sans le Hamas, dont l’attaque du 7 octobre 2023 a déclenché la guerre. Selon une source diplomatique informée d’une réunion en marge de l’Assemblée générale, ce schéma vise à articuler sécurité d’Israël et perspectives politiques pour les Palestiniens.
La Cisjordanie occupée reste une ligne de fracture. Alors que son gouvernement soutient l’extension des colonies, Donald Trump a prévenu : « Je ne permettrai pas à Israël d’annexer la Cisjordanie. Non, je ne le permettrai pas. » Le Premier ministre israélien, lui, est resté discret sur ce volet lors de son discours.
Privé de visa par les autorités américaines, le président palestinien Mahmoud Abbas s’est exprimé par vidéo à l’ONU. Il a répété que « le Hamas n’aura pas de rôle à jouer dans la gouvernance » et devra remettre ses armes à l’Autorité palestinienne, tout en condamnant les attaques du 7-Octobre et l’antisémitisme, qu’il refuse d’assimiler à la solidarité avec la cause palestinienne.
À New York, des centaines de manifestants ont défilé contre la venue de Benjamin Netanyahu, visé depuis la fin 2024 par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. « Nous sommes ici pour exiger que justice soit faite », a déclaré une manifestante propalestinienne, appelant à des sanctions et à l’arrestation du dirigeant israélien.
Dans une région où le conflit s’est enlisé, ces prises de position renforcent un paysage diplomatique divisé. Entre refus affiché de toute souveraineté palestinienne par l’exécutif israélien, reconnaissance politique croissante de l’État de Palestine par plusieurs démocraties et tentative américaine de tracer une sortie de guerre, l’incertitude demeure pour les civils de Gaza, les familles d’otages et les populations de la région.
— M. KOSI

