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ZLECAF, agriculture et paix : les trois conditions posées par Kamerhe pour nourrir l’Afrique

Alors que les tensions armées perdurent dans plusieurs régions du continent, la souveraineté alimentaire africaine demeure un objectif lointain. À Entebbe, lors de la 3ᵉ conférence interparlementaire sur les défis émergents, le président de l’Assemblée nationale de la RDC, Vital Kamerhe, a mis en garde contre l’indifférence des élites africaines face aux conflits meurtriers qui secouent la République démocratique du Congo, le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

Dans un discours sans concession, Kamerhe a interpellé ses homologues sur la contradiction entre les ambitions économiques affichées et la réalité sécuritaire du continent. "Comment penser au développement économique pendant que les familles sont détruites par des guerres persistantes ?" a-t-il lancé, dénonçant le silence des institutions africaines face à des tragédies humaines durables.

Face aux présidents d’Assemblées nationales et parlementaires réunis, l’élu congolais a rappelé la nécessité de renouer avec l’esprit d’unité promu lors des luttes pour les indépendances. "L’Afrique doit se souvenir qu’elle est une grande famille, unie par des valeurs et des liens que les conflits ne doivent pas effacer", a-t-il soutenu. Pour lui, l’aspiration à la paix ne peut être dissociée de l’aspiration à la prospérité.

Cette intervention intervient alors que les conflits armés restent un frein majeur à l’intégration économique continentale. Kamerhe a évoqué les priorités urgentes pour sortir de cette impasse : stopper les violences, renforcer la coopération interétatique, et investir massivement dans les zones rurales.

L’objectif d’une Afrique autosuffisante en matière alimentaire, selon lui, ne pourra être atteint sans un cadre continental stable. Il a souligné que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) constitue un levier stratégique à condition qu’elle repose sur des infrastructures solides et une véritable volonté politique. "Les routes, les axes de desserte agricole, l'intégration des territoires intérieurs : voilà les fondations de la souveraineté économique", a-t-il précisé.

L’autre pilier central évoqué par le président de l’Assemblée nationale congolais repose sur la revalorisation des milieux ruraux, où se concentre l’essentiel de la production agricole. Il appelle à des investissements ciblés dans la santé, l’éducation, et les services de base. À ses yeux, cela permettra non seulement de relancer l’agriculture, mais aussi de fixer les populations sur leurs terres.

Dans une envolée plus sociétale, Kamerhe a mis en garde contre l’effacement des repères identitaires : "Réaffirmer notre souveraineté, c’est aussi protéger notre culture, nos familles, et offrir à notre jeunesse une place dans le projet africain". Un message qui fait écho à la quête de nombreux États pour redonner sens et cohérence aux politiques publiques, dans un contexte de bouleversements géopolitiques croissants.

Son discours s’est conclu par un appel à une alliance fondée non sur les intérêts de circonstance, mais sur la vision d’un continent solidaire, libre et responsable de son avenir. "Nous devons mettre fin aux conflits inutiles pour nous concentrer sur ce qui nous unit : l’avenir de nos peuples", a-t-il martelé.

— M. KOSI

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