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Minerval : les députés demandent des sanctions contre la ministre de l’ESU

L’Assemblée nationale a adopté les recommandations d’une commission d’enquête parlementaire qui demandent des sanctions pour faute de gestion contre la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU). Le député UDPS André Mushongo Mashara, à l’origine de l’enquête sur la gestion des quotités du minerval et des frais connexes, en a détaillé les conclusions dans un entretien accordé au journaliste Stanis Bujakera Tshiamala.

Le député André Mushongo Mashara lors d’une séance plénière de l’Assemblée nationale.

Les recommandations doivent être transmises par le président de l’Assemblée à la Première ministre, Judith Suminwa. Elles lui demandent d’entendre la ministre, puis de la sanctionner. Des sanctions sont aussi réclamées contre certains chefs d’établissement.

Un compte unique et des quotités sans base légale

Selon le député, la commission a auditionné la ministre, les trois conseils d’administration, l’Intendance générale, les directions, les associations du personnel et des chefs d’établissement, avant de se rendre sur le terrain.

Le rapport relève plusieurs irrégularités. La ministre a créé un compte unique sur lequel sont versées les quotités du Fonds de promotion de l’éducation, du secrétariat général, des conseils d’administration et des autres structures du ministère. Des personnes non habilitées, dont des membres de sa famille, interviennent dans la gestion de ces comptes, d’après André Mushongo.

Le député cite aussi des quotités imposées sans base juridique, dont une au profit de divisions provinciales de l’ESU qui n’existent pas. Les étudiants paient leur carte nationale sans la recevoir, a-t-il ajouté. Il évoque enfin la création d’une école doctorale sans texte légal, alors que de nombreux candidats s’y sont inscrits. Pour lui, le sous-secteur est géré « comme un bien sans maître ».

Une majorité qui vise l’une des siennes

André Mushongo et la ministre appartiennent tous deux à l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti présidentiel. Le député rejette toute idée d’acharnement et affirme que tous les élus UDPS ont voté les recommandations.

Félix Tshisekedi avait demandé samedi aux députés de l’Union sacrée de régler ce type de différend en interne. André Mushongo assure avoir suivi cette démarche, en passant par une audition puis une enquête avant toute recommandation, mais estime que l’impunité relève aussi de la mauvaise gouvernance.

Aucune motion n’a été déposée à ce stade. Le député indique que cette option est encore à l’étude et qu’elle ne pourra intervenir qu’après une nouvelle initiative de contrôle parlementaire.

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