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Doha : la C64 veut verser au dialogue national les six protocoles en suspens

La Coalition Article 64 (C64) demande que les six protocoles encore non négociés du processus de paix de Doha soient intégrés au dialogue national inclusif. Cette proposition figure parmi les conclusions du conclave que l’opposition a tenu lundi 26 et mardi 27 octobre à Rome, la première réunion en présentiel de ses dirigeants et de son présidium.

Dirigeants de la Coalition Article 64 réunis en conclave à Rome.

La coalition estime que les questions de gouvernance prévues par ces protocoles relèvent d’un débat entre Congolais. Elle demande que le processus mené sous l’égide du Qatar produise des résultats vérifiables : respect du cessez-le-feu, contrôle crédible de son application, protection des civils et accès humanitaire.

Deux protocoles signés, six bloqués

Le gouvernement et l’Alliance Fleuve Congo (AFC)/M23 ont signé le 15 novembre 2025 à Doha un accord-cadre soutenu par les États-Unis, le Qatar et l’Union africaine. Il prévoit huit protocoles thématiques. Deux ont été signés avant l’accord-cadre : le mécanisme de libération des prisonniers, le 14 septembre 2025, et le mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu, le 14 octobre 2025. Aucun des deux n’a été appliqué sur le terrain.

Les six autres portent sur l’accès humanitaire et la protection judiciaire, la restauration de l’autorité de l’État et la gouvernance, les arrangements sécuritaires et le désarmement des combattants, l’identité, la citoyenneté et le retour des déplacés, la relance économique, et la justice et la réconciliation. Ils n’ont toujours pas fait l’objet de négociations techniques, malgré plusieurs réunions d’évaluation à Doha puis à Montreux, en Suisse.

Depuis le 12 octobre, l’AFC/M23 s’est fondu dans le Front pour la refondation de la nation (FRN), présidé par Joseph Kabila, ce qui pose la question de l’interlocuteur de Kinshasa à Doha.

Désaccord sur le format du dialogue

La C64 plaide pour un dialogue ouvert à toutes les parties au conflit, sans exclusion, afin d’obtenir la fin des hostilités et la réunification du pays. Le pouvoir refuse cette formule : il estime que les acteurs armés sont déjà pris en charge par les médiations de Washington et de Doha, et Félix Tshisekedi a exclu le 27 août les mouvements armés du dialogue en tant que composantes politiques.

La coalition réclame aussi l’application de la résolution 2773 du Conseil de sécurité, qui exige notamment le retrait des forces rwandaises. Son texte évoque les « troupes étrangères » sans nommer le Rwanda.

Lors du même conclave, la C64 a condamné la loi référendaire adoptée le 23 octobre par l’Assemblée nationale ainsi que toute prise du pouvoir par les armes.

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