RDC : climat des affaires, Dieudonné Kesembo regrette que les efforts de Félix Tshisekedi soient sapés par ses propres collaborateurs

Depuis son accession à la présidence de la République démocratique du Congo en 2019, Félix Tshisekedi n’a eu de cesse de promouvoir l’amélioration du climat des affaires, inscrivant ainsi sa vision dans la lignée de son regretté père, la figure emblématique de la politique congolaise, Étienne Tshisekedi wa Malumbu, dont le credo était de placer le peuple au cœur de toutes les décisions, incarnant ainsi la devise « le peuple d’abord« .

Lors d’une récente rencontre avec la jeunesse congolaise, le Président Tshisekedi a réaffirmé son engagement à créer une nouvelle classe de milliardaires congolais, appelés à jouer un rôle déterminant dans le développement de la RDC.

Pourtant, cette noble ambition semble aujourd’hui entravée par certains conseillers présidentiels ainsi que par certains membres du gouvernement dirigé par le Premier Ministre Jean-Michel Sama Lukonde.

Dieudonné Kesembo, actionnaire majoritaire avec 50 % de participation et directeur général de la société Congo Gold Raffinerie SARL, exprime son profond regret devant le fait que certains proches du chef de l’État ne soutiennent pas pleinement la mise en œuvre de cette vision présidentielle.

Il convient de souligner que le projet ambitieux de Congo Gold Raffinerie, évalué à 15 millions de dollars, vise à encadrer les exploitants artisanaux de minerais d’or en République démocratique du Congo en implantant une raffinerie d’or à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu. Malheureusement, il semble être bloqué au sein du gouvernement pour des raisons encore peu éclaircies.

Actuellement, les précieuses ressources en or de la RDC continuent d’alimenter l’économie de ses pays voisins tels que l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi et la Tanzanie. Ces pays, contrairement à la RDC, disposent de raffineries qui attirent les exploitants artisanaux congolais, leur achetant de l’or à des prix alignés sur les marchés internationaux.

Dieudonné Kesembo, chef d’entreprise et ancien cadre de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) chargé des questions liées au climat des affaires, attire l’attention du Président sur le fait que cette situation entrave l’émergence d’une véritable classe de milliardaires congolais, objectif cher à Félix Tshisekedi.

Initialement prévu pour être lancé le 31 juillet 2023, le projet de raffinerie de Congo Gold n’a toujours pas débuté en raison d’une décision de la ministre des Mines, Antoinette N’samba, tombée à la veille de l’inauguration.

À titre indicatif, cette société ambitionne de raffiner entre 3 et 5 tonnes d’or d’exploitation artisanale, soit près de 200 kilogrammes d’or par jour, nécessitant un investissement de 200 à 300 millions de dollars. Cette réalisation positionnerait la RDC parmi les cinq premiers exportateurs mondiaux d’or.

Jusqu’en 2022, la RDC n’exportait qu’une quantité minime d’or provenant de l’exploitation artisanale, soit moins de 30 kilogrammes par an. Pourtant, cette ressource suscite une grande convoitise, tant de la part des pays voisins que des multinationales. Une quantité significative d’or quitte frauduleusement la RDC pour rejoindre des destinations comme l’Ouganda, le Rwanda, la Tanzanie et le Burundi, causant d’énormes pertes au trésor public congolais.

Dieudonné Kesembo Nyembo, qualifié de simple figurant cherchant à sauver un projet controversé, tient à rétablir la vérité. Suite à un briefing conjoint impliquant le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, le ministre des Finances, Nicolas Kazadi, et le directeur de cabinet adjoint du Président en charge des questions économiques, il a été insinué que Dieudonné Kesembo jouait un rôle mineur dans ce projet. Une déclaration qui, selon lui, dévalorise les efforts fournis au sein de la République démocratique du Congo.

Dieudonné Kesembo rappelle qu’il évolue dans le secteur des affaires depuis plus de 30 ans. Il est intervenu en tant que sauveur dans ce projet, car les premiers partenaires avaient abandonné à cause de l’impact économique mondial de la COVID-19. Selon lui, le véritable obstacle réside ailleurs.

Et si le projet Primera Gold était la véritable entrave à la mise en œuvre de Congo Gold Raffinerie ?

En décembre 2022, le gouvernement congolais a conclu un partenariat avec les Émirats arabes unis pour la création de la société Primera Gold, chargée de l’exploitation de l’or artisanal sur l’ensemble du territoire congolais. Selon les experts, cette convention accorde à Primera Gold le monopole de l’exploitation de l’or artisanal.

Étant donné que Congo Gold Raffinerie, bien qu’étant une raffinerie capable de collaborer avec Primera Gold dans la transformation de l’or brut congolais, opère dans le même secteur, cela pourrait nuire aux intérêts de Primera.

Mitterrand MASAMUNA, analyste économique et journaliste des médias.

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