Les discussions ont porté sur trois points : la mobilisation des investissements, la viabilité économique du barrage et sa place dans l’industrialisation du pays. Aucune décision de financement, aucun montant ni calendrier n’a été rendu public à l’issue de la réunion.
Un comité prévu par l’accord de Washington
L’instance découle de l’article X de l’accord de partenariat stratégique signé le 4 décembre 2025 à Washington entre la RDC et les États-Unis. Ce chapitre, consacré au barrage du Grand Inga, lui confie une mission principale : coordonner la recherche de capitaux auprès des institutions de financement et des banques multilatérales de développement, ce qui explique la présence de la Banque mondiale.
Le texte impose deux autres règles. Le comité doit compter autant de représentants américains que congolais, d’où la coprésidence. Il doit aussi travailler avec le secteur privé et la société civile « le cas échéant ».
Côté congolais, la délégation réunissait les ministères de l’Économie nationale, des Finances et des Ressources hydrauliques et Électricité, la Présidence, la Primature, la Société nationale d’électricité (SNEL), l’ambassade de la RDC en France et l’Agence pour le développement et la promotion du projet Grand Inga (ADPI-RDC), maître d’ouvrage du projet. Des réunions préparatoires avec la Banque mondiale avaient précédé la session.
Un projet relancé à plusieurs reprises
Situé sur le fleuve Congo, dans le Kongo-Central, le site d’Inga abrite déjà deux centrales, Inga I et Inga II, d’une capacité installée d’environ 1 775 mégawatts. Le Grand Inga vise un potentiel d’environ 40 000 MW, ce qui en ferait le plus grand complexe hydroélectrique du monde. Le projet a été plusieurs fois annoncé puis suspendu, notamment en 2016, lorsque la Banque mondiale avait gelé son financement de l’étude d’Inga 3.
Le dossier avance en parallèle dans d’autres instances. Le chef de l’État a donné le 8 octobre des orientations au Conseil stratégique de l’ADPI-RDC, et la Première ministre Judith Suminwa a présidé le 12 octobre la deuxième réunion de la Task Force RDC-États-Unis, chargée du suivi des accords sur le Grand Inga et le corridor de Lobito. Le ministère des Ressources hydrauliques a recensé cette année 3 349 sites hydroélectriques dans le pays, pour un potentiel total de 167 200 MW.











