Le gouvernement congolais, dirigé par sylvestre Ilunga Ilukamba, est incapable de mobiliser à l’intérieur des miettes à la hauteur d’un petit milliard de dollars américain qu’il se voit obligé d’aller quémander auprès du Fond monétaire International (FMI)
Comme toujours, avant de délier le cordon, cette structure impérialiste dit à la RDC ce que son gouvernement doit faire qu’il ne sait pas faire par lui-même tant que personne ne le lui rappelle de le faire. Et la mer à boire qui est demandé au gouvernement Ilunga ne se trouve nulle part ailleurs. Aller lire les CV kilométriques de nos expertes toutes matières confondues pour s’étonner que la gouvernance de qualité, proactive et de résultat n’ait pas besoin d’aller chercher ses ressources et sa ligne de conduite dans la kyrielle des conditionnalités néocoloniales du FMI et de la Banque Mondiale.
Plus gravissime, on préfère rester dans le schéma des programmes d’ajustement structurel importé, alors que la Chine ne l’a jamais fait, le Vietnam et Cuba ne le feront jamais. Sommes-nous des sous-hommes ? On n’est déjà pas capable de construire 7 minuscules sauts-de-mouton en moins de d’un an, alors qu’en 2007, en prévision du sommet islamique organisé à Dakar au Sénégal en février 2008, une dizaine d’ouvrages de grande envergure (des tunnels, des realignements, des boulevards, des échangeurs) a modifié substantiellement la voirie de cette ville en moins de 6 mois de travaux, soit entre juillet et décembre.
Malheureusement en RDC, nous restons dans le schéma tétanique de la facilité et de la satisfaction d’être l’éternel pays pauvre, assisté qui doit s’endetter toujours le front courbé. Alors qu’en RDC, des centaines des milliards de dollars sont enfouis dans l’économie informelle, dans la fraude à grande échelle, circulant dans la contrebande le long de toutes nos frontières, des milliards endormis dans la paresse mentale et intellectuelle, dans des administrations léthargiques et archaïques, et surtout dans le système de gouvernance basé sur la coterie tribale et politicienne.
Je mets au défi les experts du gouvernement Ilunga de me démontrer que la RDC ne peut mobiliser en interne par ses propres efforts un petit milliard de dollars américain. Voulez-vous une illustration ? Une seule en dit long.
En moins de quinze ans, le parc immobilier des grandes villes de la RDC a été multiplié par centaine. Sait-on me dire si les fonds ayant permis ces constructions peuvent être retracés et évalués dans les livres de la banque centrale du Congo ? *Non.
Daniel MAKILA KANTAGNI,
Senior Manager de Sociétés de Droit OHADA,
Manager de Travaux Publics,
Analyste Politique.