Kinshasa, RDC – Il y a sept ans, le 1er février 2017, le leader charismatique et inflexible, Etienne Tshisekedi, quittait ce monde à l’âge de 85 ans, laissant derrière lui un vide politique et émotionnel en République démocratique du Congo (RDC). Surnommé affectueusement « Ya Tshitshi » ou « le grand-frère Tshitshi », il demeure dans la mémoire collective comme l’incarnation de la lutte implacable pour l’avènement d’un État de droit dans un pays qui avait longtemps subi diverses formes de dictature.
Le « Sphinx », comme on le surnommait en raison de son habituelle réserve, était pourtant un orateur redoutable qui savait manier un discours offensif et percutant contre les régimes autoritaires qui avaient dominé le pays. Leader incontesté de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), il a été élu Premier ministre en 1992, chargé de mettre en œuvre les résolutions de la Conférence nationale souveraine (CNS).
Tshisekedi-père, bien qu’ayant occupé brièvement le poste de Premier ministre, a marqué l’histoire en s’opposant à divers régimes, y compris à celui de Laurent-Désiré Kabila, successeur du maréchal Mobutu. Sa fermeté s’est manifestée dans ses appels à Kabila-père pour « payer la facture de la guerre » qui a conduit à la chute de Mobutu.

Même après la mort de Kabila-père en 2001, l’opposant intraitable n’a jamais accepté la succession de Joseph Kabila, qualifiant cela de violation de la Constitution. Tout au long du règne de Kabila-fils, Tshisekedi n’a jamais reconnu publiquement le président, appelant régulièrement à son « retour » au Rwanda.
Les meetings de Tshisekedi étaient des événements intenses de communion avec le peuple congolais. Ses discours étaient marqués par des déclarations catégoriques contre les régimes en place, utilisant des mots simples mais impactants pour exprimer la nécessité du changement.
Candidat à la présidentielle de 2011, Tshisekedi a prêté serment dans sa résidence, se considérant comme le véritable vainqueur des élections. Cependant, même après sa mort en 2017, le régime de Kabila-fils a compliqué le rapatriement de sa dépouille, la maintenant en Belgique pendant plus de deux ans.
Le corps du « père de la démocratie congolaise » a finalement été rapatrié trois mois après l’investiture de son fils, Félix Tshisekedi, et enterré avec dignité dans une concession familiale à Nsele, près de Kinshasa.
Bien que le Sphinx n’ait pas eu l’occasion de concrétiser sa devise « le peuple d’abord », c’est maintenant à son fils et à des millions de partisans à travers la RDC de continuer son projet démocratique et de développement.
La Rédaction

