En République Démocratique du Congo (RDC), le débat autour de la transparence budgétaire et de l’intégrité des marchés publics liés aux opérations électorales prend de l’ampleur. À la lumière d’un atelier organisé par le Centre de Recherche en Finances Publiques et Développement Local (CREFDL) et la plateforme Agir pour des Elections Transparentes et Apaisées (AETA), des failles majeures ont été mises en exergue, remettant en question l’efficacité et l’honnêteté des dépenses électorales.
Des dépenses en hausse, mais une transparence en berne
Selon Valery Madianga, coordinateur du CREFDL, l’augmentation de 25,1% des dépenses de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) entre les cycles électoraux de 2021 et 2023, ainsi que le stockage des fonds dans des banques commerciales plutôt qu’à la Banque Centrale du Congo, illustrent un manque de contrôle et de clarté dans la gestion des finances publiques. De plus, la hausse significative du personnel de la CENI, qui a quasiment doublé en deux ans, soulève des questions quant à l’efficience et à la justification de telles augmentations.
L’opacité des marchés publics: un enjeu majeur
L’absence d’appels d’offres compétitifs et la surfacturation présumée dans les contrats avec des prestataires internationaux sont des symptômes d’un système défaillant, nécessitant une réforme profonde pour garantir la crédibilité et la transparence des opérations électorales. Madianga a souligné l’urgence d’adopter des pratiques plus éthiques et transparentes, notamment par l’intégration d’un système de marchés publics intégrés et la révision de la loi organique de la CENI.
Vers une amélioration de la gestion budgétaire et de la transparence
Face à ces constats alarmants, le CREFDL propose plusieurs mesures correctives: une plus grande implication du Parlement dans l’examen du budget électoral, un contrôle accru de la Cour des Comptes, et la réforme du budget de la CENI vers une gestion axée sur les résultats. Ces recommandations visent à restaurer la confiance dans le processus électoral et à prévenir les abus futurs.
En somme, la réforme du système de gestion budgétaire et des marchés publics en RDC apparaît comme une nécessité impérieuse pour renforcer la démocratie et la confiance des citoyens dans leurs institutions. La route est longue, mais les premiers pas vers une transparence accrue et une gestion plus responsable des fonds publics sont essentiels pour l’avenir de la RDC.
Éditorial de l’équipe

