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Ebola : le gouvernement dit n’avoir retracé que 220 000 $ des fonds de la riposte

Le ministre de la Santé publique, Roger Kamba, affirme que le gouvernement congolais n’a pu retracer que 220 000 $ des fonds mobilisés par les bailleurs pour la riposte contre Ebola. Le directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Jean Kaseya, évoque de son côté 962 millions $ décaissés au profit des partenaires de mise en œuvre, dont plus de 700 millions restent à documenter.

Le ministre de la Santé publique, Roger Kamba, lors d’une intervention publique.

Dans un message publié sur X, Roger Kamba explique que cet argent ne transite pas par l’État : il est versé directement aux agences internationales qui mènent les interventions sur le terrain. « À ce jour, le Gouvernement congolais n’a pu retracer que 220 000 USD », écrit-il. Ce montant ne représente ni le budget de la riposte ni les sommes reçues par l’État, seulement ce que le gouvernement a pu suivre.

Trois chiffres, trois périmètres

Lors d’une conférence de presse le jeudi 15 octobre, Jean Kaseya a présenté un tableau recensant 962 millions $ déclarés comme décaissés par les bailleurs. Selon lui, moins de 30 % des partenaires ont participé à une réunion avec l’Institut national de santé publique (INSP), qui a permis de retracer environ 200 millions $. Près de 100 millions de cette somme n’auraient pas encore été dépensés. Il reste donc, d’après le patron d’Africa CDC, plus de 700 millions $ dont l’utilisation doit être documentée.

Ces montants ne reposent pas forcément sur les mêmes critères ni sur le même périmètre. Les 700 millions ne peuvent pas, à ce stade, être considérés comme disparus ou détournés : il s’agit de fonds dont la situation n’a pas encore été déclarée par les organisations qui les ont reçus.

Accréditation obligatoire des partenaires

Roger Kamba indique avoir convenu avec la Première ministre Judith Suminwa de durcir les règles de transparence. Seules les organisations accréditées par l’INSP pourront désormais intervenir sur le terrain. Pour l’être, elles devront déclarer l’origine de leurs financements, leurs objectifs et le niveau réel d’exécution de leurs activités.

Un formulaire a été envoyé aux partenaires il y a plusieurs semaines, mais seuls 22 % environ l’ont rempli, selon le ministre, qui réclame une riposte fondée sur « un seul plan, un seul budget et une seule coordination ». Il n’a précisé ni les sanctions prévues pour les organisations qui ne répondraient pas, ni le calendrier de l’accréditation.

L’épidémie, due à la souche Bundibugyo et déclarée à la mi-mai en Ituri, comptait au 6 octobre 8 728 cas confirmés et 4 205 décès dans sept provinces, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Sources

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