La situation au parc agro-industriel de Bukanga Lonzo en République Démocratique du Congo continue de susciter des inquiétudes, avec des rapports alarmants sur l’insécurité et la spoliation des biens. Lors d’une réunion du conseil, Adèle Kahinda Mahina, ministre d’État et ministre du Portefeuille, a souligné les défis majeurs auxquels le parc est confronté depuis plusieurs années.
Depuis le conflit entre les tribus Teke et Yaka dans les provinces de Kwilu et Kwango en 2022, l’insécurité règne dans la région, compromettant la sécurité des travailleurs et des installations du parc. Les incursions répétées de groupes armés ont entraîné des pertes en vies humaines parmi les agents chargés de la supervision et de la protection du parc. De plus, les récents incendies de brousse ont causé d’importants dégâts aux équipements agricoles et aux entrepôts, exacerbant ainsi la situation déjà précaire.
Selon le compte-rendu de la réunion lu par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, le parc a également été victime de spoliation, avec le vol de biens dans le magasin central. Cette situation met en lumière la nécessité pour le gouvernement d’agir rapidement pour protéger le parc, ses travailleurs et ses actifs.
Pour répondre à cette crise, la ministre Mahina a proposé au conseil de diligenter une mission mixte sur le terrain afin de réaliser une analyse approfondie de la situation et de sécuriser les titres fonciers du parc. De plus, elle a recommandé le paiement des arriérés de salaire pour le personnel du parc, couvrant une période de plus de 30 mois.
Le parc agro-industriel de Bukanga Lonzo a été initialement conçu dans le cadre du Programme National d’Investissement Agricole (PNIA) adopté en 2013, visant à promouvoir l’autosuffisance alimentaire et à stimuler l’économie locale. Cependant, des dysfonctionnements ont été constatés, entraînant des pertes financières importantes.
Une enquête menée par des inspecteurs gouvernementaux a révélé des irrégularités graves dans la gestion du projet, notamment des surfacturations massives et des partenariats inappropriés. Sur les 285 millions de dollars décaissés par le gouvernement, plus de 200 millions ont été perdus en raison de pratiques frauduleuses et de mauvaise gestion.
Les inspecteurs ont également souligné l’absence d’étude de faisabilité adéquate et le non-respect des procédures de passation des marchés publics comme étant à l’origine des difficultés rencontrées dans la réalisation du projet.
Actuellement, un procès est en cours devant la Cour constitutionnelle pour établir les responsabilités concernant l’échec du projet, suite au rapport accablant de l’Inspection Générale des Finances.
Cette affaire met en lumière les défis persistants auxquels est confronté le secteur agricole en RDC, soulignant l’importance d’une gouvernance transparente et d’une gestion responsable des ressources publiques pour assurer le développement durable du pays.
Par l’équipe éditoriale de Bisonews.cd

