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Malgré le choc économique, la Chine célèbre sa réussite contre le coronavirus

Lors de la session annuelle du Parlement, la Chine a annoncé un plan d’investissement d’un montant de 481 milliards d’euros, qui permettra de financer le déploiement de la technologie 5G et de généraliser les véhicules à énergies nouvelles.
La Chine a vanté vendredi une «réussite majeure» dans son combat contre le coronavirus, à l’ouverture de la grand-messe annuelle du régime communiste. Premier pays touché par la Covid-19 mais aussi premier à s’en sortir, le géant asiatique est à présent confronté à la « tâche immense » de relancer son économie en pleine dépression mondiale, a reconnu le premier ministre Li Keqiang, à l’ouverture de la session annuelle de l’Assemblée nationale populaire-ANP, le parlement chinois.
« Nous, fils et filles de la nation chinoise, sommes restés unis pendant une période infiniment difficile et avons élevé une Grande muraille de solidarité », s’est félicité Li Keqiang, devant les quelque 3000 députés réunis, visages masqués, au Palais du peuple à Pékin.
Les critiques venant de l’étranger ignorées
Dans un discours d’une heure, Li Keqiang a célébré « une réussite stratégique majeure » dans la lutte contre le nouveau coronavirus, apparu fin 2019 à Wuhan (centre).
« Nous avons obtenu une victoire décisive dans la défense de la province du Hubei et de sa capitale, Wuhan », mises en quarantaine pendant deux mois et demi, a affirmé le chef du gouvernement, semblant ignorer les critiques émises à l’étranger, particulièrement aux Etats-Unis, contre la responsabilité supposée de son pays dans l’apparition de l’épidémie.
« C’est l’incompétence de la Chine, et rien d’autre, qui a provoqué cette tuerie de masse mondiale », avait tonné mercredi le président américain Donald Trump.
Un plan d’investissement majeur
Pour Li Keqiang, le succès remporté contre l’épidémie « s’est payé d’un prix élevé. C’est un prix qu’il fallait payer et qui en valait la peine », a-t-il dit, en référence au plongeon du produit intérieur brut au premier trimestre (-6,8%, une première dans l’histoire de la République populaire). « La pression sur l’emploi a fortement augmenté », a-t-il reconnu.
Signe de l’incertitude à laquelle le pays est confronté, Li Keqiang s’est abstenu de fixer un objectif de croissance pour l’année en cours. « Notre pays sera confronté à certains facteurs qui sont difficiles à prévoir », s’est-il justifié. En réaction, le pays va laisser filer son déficit cette année à 3,6% du PIB (contre 2,8% l’an dernier).
Le premier ministre a également annoncé l’émission d’un emprunt d’Etat pour un montant de 1000 milliards de yuans, auquel s’ajoute un vaste plan d’investissement de 3750 milliards de yuans (481 milliards d’euros). Ces investissements seront notamment destinés au déploiement de la technologie 5G, appelée à révolutionner l’internet mobile, et à généraliser les véhicules à énergies nouvelles.
Une vive opposition à la loi attendue
Dès jeudi soir, la question de Hongkong s’est imposée à l’agenda : le parlement a annoncé qu’il allait se saisir d’une proposition de loi sur la « sécurité nationale » dans l’ancienne colonie britannique, secouée l’an dernier par un colossal mouvement de protestation. L’opposition démocratique hongkongaise a vivement réagi ainsi que les Etats-Unis, qui ont mis en garde Pékin contre une loi « très déstabilisatrice ».
L’article 23 de la « Loi fondamentale », qui sert depuis deux décennies de constitution au territoire, prévoit que la région se dote d’une loi interdisant « la trahison, la sécession, la sédition (et) la subversion ». Mais la clause n’a jamais été appliquée. Car une grande partie de la population hongkongaise y voit une menace pour ses libertés.
La dernière tentative de mise en oeuvre de l’article 23, en 2003, avait échoué face à des manifestations monstres dans les rues hongkongaises.
Contournant une opposition prévisible au sein du Conseil législatif hongkongais, le parlement chinois devrait donc inclure la loi directement dans la mini-constitution du territoire, au risque de relancer les manifestations. Le texte a été soumis vendredi pour approbation, selon l’agence de presse officielle Chine nouvelle.
Une session 2020 à huis clos
À Pékin, la session 2020 du parlement se déroule dans des conditions très particulières sur fond de Covid-19. L’épidémie a forcé les autorités, pour la première fois depuis l’ère maoïste, à reporter cette session plénière qui aurait dû s’ouvrir en mars. Et au lieu des deux semaines habituelles, la session ne durera que sept jours, jusqu’au 28 mai.
Elle se tient pratiquement à huis clos, la presse étant invitée à suivre l’essentiel des débats sur internet. Les rares journalistes autorisés à couvrir l’événement doivent le faire après test de dépistage de la Covid-19 et mise à l’isolement dans l’attente du résultat.

Le Temps/ Bisonews.Cd

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