Alors que la mise en place des nouvelles institutions en République Démocratique du Congo (RDC) est en cours, le président Félix Tshisekedi a réitéré sa position critique envers le Rwanda lors d’une récente interview sur Top Congo FM. La tension entre les deux pays a été ravivée suite à l’annonce de la création de l’Alliance Fleuve Congo, dirigée par Corneille Nangaa.
Lors de la dernière journée de la campagne électorale, le chef d’État candidat à sa propre succession a appelé à une confrontation avec le Rwanda, soulignant son mécontentement à l’égard du soutien présumé de Kigali aux rebelles du M23. Tshisekedi a déclaré : « En cas de la moindre escarmouche des rigolos que vous avez vus à Nairobi, je vais réunir les deux chambres en congrès. Je vais demander l’autorisation de déclarer la guerre au Rwanda (…). Ce n’est pas une blague ! Si j’apprends qu’ils ont tiré seulement une balle, je vais réunir les deux chambres du parlement. »
Cependant, le gouvernement, par le biais de son porte-parole Patrick Muyaya, a souligné que les conditions actuelles ne permettent pas la déclaration immédiate de la guerre, en raison de la phase d’installation des nouvelles institutions post-électorales. Muyaya a expliqué lors d’un briefing presse que malgré les opérations en cours contre les rebelles du M23, une déclaration de guerre nécessite une procédure constitutionnelle stricte.
« Nous sommes déjà, je dirais, en opération, mais dans les conditions actuelles, une guerre ne peut pas être déclarée, car nous sommes en phase d’installation des nouvelles institutions. Même si le président le voulait, dans ces conditions constitutionnelles, on ne serait pas en mesure de le faire« , a déclaré Muyaya.
Concernant les récentes attaques attribuées aux rebelles du M23, Muyaya a souligné que les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) mènent des actions efficaces. Il a déclaré : « Aujourd’hui, s’il faut dénombrer les victimes rwandaises, on en compterait par centaine, parce que chaque fois les cibles sont bien trouvées.«
Cependant, la prudence reste de mise quant à une déclaration de guerre immédiate, comme l’exige l’article 143 de la constitution de la RDC. Celui-ci stipule que le président déclare la guerre après avis du Conseil supérieur de la défense et autorisation des deux Chambres.
Au-delà de cette tension régionale, le processus de mise en place des nouvelles institutions se poursuit en RDC. Les élections du 20 décembre 2024 ont engendré des changements au sein de l’Assemblée nationale et des assemblées provinciales. Cependant, l’attente persiste pour la formation du nouveau Sénat, dont les élections sont prévues le 31 mars prochain selon la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
Par La Rédaction

