Les nouvelles règles touchent directement la vie quotidienne. Une moto ne peut plus transporter que deux personnes, conducteur compris. Les voitures sont limitées à quatre passagers en plus du chauffeur, les jeeps à six. Les enterrements ne peuvent réunir plus de 20 membres de la famille, et les administrations publiques fonctionnent en service minimum pendant un mois. Les karaokés et les défilés sont également suspendus.
Aux points de contrôle, les autorités imposent le lavage des mains, la désinfection et la prise de température. Un dépistage devient obligatoire avant tout transfert de personnes vers les cachots, les prisons et les lieux de garde à vue. L’application des mesures est confiée à la Police nationale congolaise, au Comité provincial de sécurité et à la Division provinciale des sports et loisirs, entre autres services.
Une ville à l’arrêt, une caravane dans la rue
À Beni, la police s’est déployée lundi dans plusieurs quartiers pour faire respecter la journée sans activités. Dans la commune de Mulekera et sur le boulevard Nyamwesi, des véhicules ont été contraints de faire demi-tour. De nombreux magasins sont restés fermés et les écoles n’ont pas ouvert.
Une caravane motorisée de sensibilisation contre Ebola a pourtant circulé sur le boulevard principal de la ville, alors que la population était appelée à rester chez elle.
Le Nord-Kivu, deuxième foyer de l’épidémie
L’épidémie, due à la souche Bundibugyo du virus Ebola, a été déclarée à la mi-mai 2026 en Ituri. Au 6 octobre, la RDC comptait 8 728 cas confirmés, dont 4 205 décès, dans sept provinces, selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le Nord-Kivu en recensait 1 785, dont 1 021 décès, dans 17 de ses 34 zones de santé. Beni et Katwa figurent parmi les zones de santé les plus touchées du pays.
La province connaît une recrudescence depuis septembre. Début octobre, Médecins sans frontières (MSF) indiquait que le Nord-Kivu concentrait près de 40 % des nouveaux cas confirmés du pays, contre 24 % fin août. Selon l’organisation, plus de 60 % des décès surviennent encore dans les communautés, hors des structures de soins, et les centres de traitement de la province sont proches de la saturation.











