La récente réapparition de Jean-Claude Kabongo dans les cercles diplomatiques congolais, en tant que représentant officiel à Doha, jette une lumière crue sur les contradictions de la gouvernance Tshisekedi.
Pointé du doigt dans l’enquête explosive Congo Hold-up pour ses conflits d’intérêts flagrants, l’ancien conseiller spécial en charge des investissements avait été discrètement évincé en 2023. Mais à Kinshasa, l’exil des proches n’est jamais définitif.
Le come-back de Kabongo illustre parfaitement une gestion politique marquée par l’impunité, l’opacité, et une certaine amnésie institutionnelle.
Gloria Sengha, militante engagée en RDC, soulève une question essentielle : peut-on, en toute éthique, gérer les investissements d’un pays tout en poursuivant ses affaires privées ? Dans le cas de Kabongo, la réponse semble avoir longtemps été oui.
Alors qu’il exerçait à la présidence, il continuait, selon l’enquête de RFI (2021), à piloter plusieurs entreprises personnelles : JCK Holding, JCK Trading, JCK Consulting, et la Société Générale de Transit. Ces sociétés, aux connexions troublantes, partageaient adresses et coordonnées avec des proches collaborateurs, dont Amédée Pata Fumulamba, brouillant encore plus la frontière entre affaires publiques et privées.
Le renvoi de Kabongo en 2023, présenté comme un assainissement, n’était en réalité qu’un arrangement temporaire destiné à apaiser les critiques internes et internationales. Aujourd’hui, en 2025, c’est un visage familier du système qui revient.
Kabongo n’a jamais vraiment quitté les couloirs du pouvoir, il s’est simplement mis en retrait, en attendant que le scandale s’essouffle. Le voilà désormais à Doha, avec le drapeau congolais en main, comme si de rien n’était.
Cet épisode symbolise un mode de gouvernance chaotique sous Félix Tshisekedi. Loin des promesses de rupture et de transparence faites en 2019, le régime se distingue aujourd’hui par une politique de recyclage des figures controversées, une tolérance persistante pour les conflits d’intérêts, et une gestion qui semble plus soucieuse des équilibres de clan que des intérêts du peuple.
La RDC traverse une période charnière : investissements étrangers, défis sécuritaires, développement économique. Dans ce contexte, la présence de figures comme Kabongo à des rendez-vous diplomatiques de premier plan envoie un signal inquiétant. Au lieu d’un renouveau, c’est la permanence des pratiques troubles qui semble l’emporter.
Mitterrand MASAMUNA

