Par Manassé Kitemoko Kosi
Le Premier Ministre, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, a présidé mardi soir la cérémonie inaugurale de la première Table Ronde des Ministres africains de l’Enseignement et de la Formation Technique et Professionnelle. Des experts de divers horizons africains se sont réunis pour discuter des réformes nécessaires dans ces secteurs cruciaux.
Dans son discours d’ouverture, le Premier Ministre a souligné l’importance de cette initiative alors que le gouvernement congolais s’engage dans des réformes étendues dans l’éducation et la formation. Il a fait référence à l’agenda éducation 2030 de l’Union africaine, visant à développer des systèmes d’enseignement et de formation technique permettant aux jeunes d’acquérir des compétences nécessaires pour l’emploi et l’entrepreneuriat.
« L’Afrique, en général, et la République démocratique du Congo, en particulier, sont confrontées à des défis majeurs tels que le chômage des jeunes, la déperdition scolaire et l’inadéquation entre les formations et les besoins du marché du travail. Les solutions résident dans le renforcement des systèmes de formation, la transition verte et numérique, la promotion des micro-certifications, la création d’emplois et l’entrepreneuriat. »
Cependant, certains expriment des réserves quant à la pertinence de l’intervention de l’Union africaine. Antoinette Kayeye, assistante à la faculté des sciences de l’Université de Kinshasa, souligne :
« Il y a quelque chose de suspect avec cette opération. Où était l’Union africaine lorsque les Congolais étaient tués par les rebelles dans l’Est ? Pourquoi lancer cette opération maintenant alors que beaucoup attendent son départ ? »
Des voix dissidentes se font entendre, notamment celle de Jeannette Mbo, une vendeuse de Kindele, qui estime que l’opération n’aura aucun impact, et que l’armée congolaise peut remporter la guerre sans l’aide de l’Union africaine.
« Je suis contre le lancement de cette opération par notre gouvernement avec l’Union africaine. Les FARDC sont bien formées et capables de gagner cette guerre même sans le soutien étranger. »
Le mouvement citoyen Lucha a organisé un sit-in à Goma pour réclamer le départ de l’Union africaine et de la force de la Communauté d’Afrique de l’Est déployée dans la région.
Les critiques ne se limitent pas aux citoyens. Le gouvernement congolais a également exprimé son souhait d’un départ accéléré de l’Union africaine et de ses experts. Le Président de la République a souligné dans son discours du 14 novembre la nécessité de prendre davantage de responsabilités pour assurer la sécurité du pays.
Ces débats soulèvent des questions fondamentales sur le rôle et l’efficacité des initiatives internationales en Afrique, en particulier dans des domaines aussi cruciaux que l’éducation et la formation technique. Les prochains jours détermineront les recommandations qui façonneront l’avenir de ces secteurs en Afrique.
Par Manassé Kitemoko Kosi

