Le mardi 6 mai, les forces de l’Alliance Fleuve Congo/M23 ont pris le contrôle du village de Luciga, situé dans la chefferie de Luhwinja, territoire de Mwenga, au Sud-Kivu. Cette progression s’est déroulée après des affrontements avec les milices locales dites Wazalendo, qui tentent de contenir l’avancée des rebelles dans cette région riche en ressources minières.
Des sources locales rapportent que les insurgés ont d’abord investi Lwashanja, avant de s’emparer de Luciga, et se dirigent désormais vers le site minier exploité autrefois par la société canadienne Banro. Des habitants indiquent que les combattants ont contourné les itinéraires habituels pour atteindre Mwenga, empruntant des axes secondaires tels que Ngando, Chihumba et Kashanga, profitant d’une brèche ouverte près de Mparanyi.
Actuellement, les rebelles sont présents dans au moins quatre groupements : Luchiga, Kabalole, Luduha et Idudwe. Ils continuent de renforcer leur présence en hommes et en armement. Un notable local signale que les insurgés se déploient à proximité du site de Twangiza Mining, ayant traversé la rivière Lulimbohwe vers Buhamba, à moins de cinq kilomètres de l’usine.
Cette avancée survient alors que des discussions entre le gouvernement congolais et le M23 ont repris à Doha, au Qatar. Bien qu’une déclaration conjointe ait été signée il y a deux semaines, les pourparlers restent préliminaires et aucune avancée concrète n’a été enregistrée. Les négociations sont compliquées par des désaccords sur des mesures de confiance, notamment la libération de prisonniers liés au M23, une demande que Kinshasa refuse, invoquant l’indépendance de son système judiciaire .
Parallèlement, le M23 cherche à établir une administration dans les zones sous son contrôle, imposant des taxes sur les activités minières et commerciales. Cependant, ces initiatives rencontrent des obstacles, notamment l’absence d’infrastructures bancaires et la crainte de légitimer l’autorité rebelle .
La situation humanitaire dans la région reste préoccupante, avec des milliers de personnes déplacées et un accès limité aux services de base. Les efforts diplomatiques se poursuivent, mais la stabilité demeure incertaine tant que les hostilités persistent sur le terrain.
— M. KOSI

