AccueilA la UneIturi : deux...

Ituri : deux civils tués à Masumbuko, tensions ravivées entre milices Zaïre et CODECO

Deux nouvelles victimes civiles sont à déplorer dans le territoire de Djugu, en Ituri, où une attaque nocturne attribuée à des membres de la milice Zaïre a semé l’effroi à Masumbuko, dans la nuit du 29 au 30 juin. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, l’assaut a ciblé les habitations vers une heure du matin, provoquant la mort d’un élève et d’un agent de perception fiscale. Pris de panique, les habitants ont fui en masse vers les villages voisins, laissant derrière eux une localité vidée de sa population.

Cette incursion intervient dans un contexte particulièrement tendu. En effet, la zone fait l’objet d’une rivalité armée persistante entre les milices communautaires Zaïre et CODECO, toutes deux actives dans les secteurs de Walendu Tatsi et de Drodro. Ce nouvel épisode de violence ravive les craintes d’un embrasement plus large, d’autant plus que des regroupements armés ont été observés dès le lendemain matin à Drodro, un bastion de la CODECO. À Blukwa, d’autres détonations ont été signalées, confirmant la progression d’éléments hostiles dans plusieurs localités de Djugu.

Face à la dégradation de la situation, la MONUSCO a renforcé ses patrouilles sur l’axe stratégique reliant Largu à Masumbuko. Des unités casquées ont été déployées en appui aux efforts de stabilisation afin de contenir d’éventuels affrontements.

La tension est d’autant plus préoccupante que les violences surviennent à peine 48 heures après l’annonce d’un accord de cessation des hostilités. Ce protocole, signé à Aru les 28 et 29 juin derniers par les représentants de six factions armées, devait ouvrir une période de désescalade. Mais l’attaque de Masumbuko, précédée du massacre de 11 déplacés internes par des éléments de la CODECO sur le site de Djangi, compromet sérieusement cette dynamique.

« Ce qui se passe aujourd’hui remet en cause la volonté réelle des groupes armés de s’engager dans un processus de paix« , confie un responsable local sous couvert d’anonymat. Pour de nombreux observateurs, cette nouvelle flambée de violences illustre les limites de la médiation communautaire en l’absence d’un mécanisme de suivi crédible et de sanctions dissuasives.

Les leaders communautaires, les représentants de la société civile et les partenaires internationaux appellent de nouveau à la retenue. « Nous exhortons les groupes impliqués à respecter leurs engagements et à protéger les civils« , déclare un membre du comité de paix d’Ituri.

Le territoire de Djugu reste l’un des plus affectés par les violences communautaires dans la province. Depuis 2017, les affrontements récurrents entre groupes armés rivaux ont provoqué des déplacements massifs, aggravant la situation humanitaire déjà critique dans la région. Plus de 1,5 million de personnes ont été contraintes de fuir leur foyer, selon les données du HCR, et les perspectives de retour demeurent incertaines tant que les conditions de sécurité ne sont pas réunies.

Dans l’immédiat, les efforts de désescalade reposent sur la capacité des autorités locales à rétablir le dialogue entre les factions, mais aussi sur la réactivité des forces internationales à contenir la spirale de représailles qui menace de s’intensifier.

— M. KOSI

Soyez averti chaque fois que nous publions quelque chose de nouveau !

continuer la lecture

RDC : un prix pour l’innovation numérique contre la corruption

Du 25 au 26 novembre à Kinshasa, la quatrième édition du Sommet international sur la transformation digitale en Afrique a mis en avant des solutions concrètes contre la fraude. L’Agence de prévention et de lutte contre la corruption (APLC) a remis un prix à Kessia, lauréate du concours « Zéro Fraude, Hack la corruption ».

UE: 10 millions d’euros pour équiper les FARDC en matériel non létal

Lundi 24 novembre, l’Union européenne a annoncé une enveloppe de 10 millions d’euros pour l’armée congolaise. L’aide vise des équipements non létaux pour renforcer l’action des FARDC (Forces armées de la RDC) sur le terrain.

Nord-Kivu : combats dans les Virunga, fuites vers Goma et double épidémie

OCHA alerte sur une dégradation simultanée de la sécurité et de la santé publique à Nyiragongo et à Goma. Des combats dans le parc des Virunga ont provoqué de nouveaux déplacements, tandis que choléra et mpox progressent.