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Nord-Kivu : flambée du choléra à Kanyaruchinya, une situation préoccupante pour MSF

Kanyaruchinya

Kinshasa, 31 octobre 2023 – L’organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) tire la sonnette d’alarme concernant la recrudescence alarmante des cas de choléra au camp des déplacés de Kanyaruchinya, situé dans le territoire de Nyiragongo, au Nord-Kivu. Depuis le mois de septembre 2023, plus de 200 cas de choléra ont été recensés, touchant principalement des femmes et des enfants, révélant ainsi une situation sanitaire critique dans la région.

Selon les équipes de MSF sur le terrain, la situation est devenue de plus en plus inquiétante, avec une moyenne de 11 à 12 admissions par jour. Les personnes les plus touchées sont celles âgées de plus de 5 ans, exposées à des conditions de vie déplorables, caractérisées par un manque d’hygiène, une pénurie d’eau, une allocation quotidienne de moins de 5 litres par personne, et une promiscuité inévitable.

Justin Mbuya, le responsable des activités médicales de MSF à Goma, explique : « Les facteurs contribuant à cette flambée de choléra sont nombreux, mais ils sont principalement liés à des conditions de vie déplorables, notamment le manque d’hygiène, l’insuffisance d’eau, et la surpopulation. La proximité des individus dans les abris de fortune favorise la propagation rapide de la maladie. »

Une situation aggravée par le retrait de certains bailleurs de fonds qui avaient soutenu les projets humanitaires dans la région. Jimmy Matumona, chef de mission adjoint de MSF en RDC, alerte sur l’impact de cette situation : « La situation est critique dans les camps, car plusieurs bailleurs de fonds ont mis fin à leur soutien depuis septembre et octobre. Il est impératif que la communauté internationale et les organisations humanitaires se mobilisent pour préserver la vie des déplacés. »

En outre, la région du Nord-Kivu est actuellement en pleine saison des pluies, ce qui aggrave davantage la situation. Les déplacés se trouvent souvent entassés dans des salles de classe inadaptées, exposés aux intempéries et incapables de maintenir des conditions d’hygiène adéquates. Musekura Théo, représentant des déplacés dans le territoire de Nyiragongo, interpelle les autorités : « Leurs abris n’ont pas résisté à la récente pluie. Ils sont maintenant entassés dans des salles de classe, et il est difficile de contrôler leur hygiène. Nous espérons que le gouvernement prendra des mesures pour atténuer cette situation critique. »

Outre l’épidémie de choléra, les déplacés de Nyiragongo sont également confrontés à une autre menace sanitaire, celle de la rougeole, ajoutant ainsi à leur vulnérabilité.

Cette situation nécessite une action urgente pour garantir la santé et la sécurité des déplacés de Kanyaruchinya, et les organisations humanitaires appellent à une mobilisation immédiate pour répondre à cette crise sanitaire qui s’aggrave jour après jour.

Manassé Kitemoko Kosi, Bisonews.cd

Sujets : Santé

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